Hollywood ou l’art du recyclage

Photographie: Nancy Ellison

Cinéphiles comme auteurs se désolent de l’interminable listes de reboots, remakes, séquels, préquels, que met en chantier la grande usine à rêves avec une régularité de métronome. Mais ne blâmons pas trop vite Marvel, DC Comics et tonton Lucas. Le fétichisme hollywoodien du recyclage ne date pas d’hier, comme nous le rappelle une de mes dernières lectures…

Il y a quelques semaines, j’achevais la lecture de The Last Love Song, géniale biographie dédiée à l’une de mes auteurs cultes, Joan Didion. L’auteur, Tracy Daugherty, y évoque notamment un aspect méconnu de la carrière de la grande romancière/essayiste: son expérience de scénariste. Elle a signé une dizaine d’oeuvres ciné/TV (en tandem avec son mari John Gregory Dunne), dont le remake 70’s d’A star is born, The Panic in Needle Park , ou encore l’adaptation de son propre roman Play it as it lays.

Dans ce passionnant bouquin, on découvre avec consternation le sexisme dont Joan Didion, pourtant véritable rock star de l’édition à l’époque, a été victime à Hollywood, la plupart des interlocuteurs des studios ne s’adressant qu’à son époux lors des meetings. On réalise aussi avec une pointe d’amertume que malgré l’avènement du Nouvel Hollywood, le climat sentait déjà le souffre dans les sixties/seventies. Extrait choisi:

Voila voila… 😉 Cette biographie a bien d’autres mérites, à vrai dire. Rarement on a décrit avec une telle finesse la façon dont l’écriture bouffe le quotidien d’un(e) auteur(e) et de son entourage, mais aussi la résilience qu’offre cette discipline pour celui ou celle qui lui dédie son existence. Je suis sortie de sa lecture avec une très grande émotion…

The last love song, de Tracy Daugherty, must read:

Copyright©Nathalie Lenoir 2018