Coup de foudre pour Le Lauréat

Hier soir, j’étais invitée à une représentation de l’adaptation théâtrale du mythique film de Mike Nichols. Non seulement la pièce est géniale, mais l’exercice de transposition est en soi passionnant. Un pur kif de (et pour) scénariste(s)!

Si on m’avait dit, il y a quelques temps encore, que je me régalerais devant l’adaptation théâtrale d’un de mes films cultes, The Graduate de Mike Nichols, je me serais doucement marrée. Et pourtant, force est de constater que le défi est relevé haut la main.

Non content d’être un talentueux scénariste, Christopher Thompson a vraiment l’art d’adapter pour la scène. Après s’être frotté à un texte mythique de Joan Didion, il transpose avec subtilité et intelligence le scénario de Calder Willingham & Buck Henry (lui même adapté d’un roman de Charles Webb, faut suivre ^^). Non, son texte n’est pas un copié-collé du script, même s’il lui est très fidèle. Il en souligne l’humour, et le cynisme, tout en modernisant le dialogue.

Autre gros atout de cette pièce, sa scénographie. J’avoue que je redoutais cet aspect, en ayant vent du projet. La mise en images de Nichols est tellement visionnaire! Je ne vous dévoilerai rien des trouvailles visuelles et sonores du metteur en scène, Stéphane Cottin, mais elles sont superbes.

Quant à la distribution, elle est audacieuse et le pari, là encore, est gagnant. Qui aurait imaginé la gracile Anne Parillaud en Mrs Robinson? Pourtant dès qu’elle entre en scène, c’est une évidence. Son jeune partenaire, Arthur Fenwick est vraiment bluffant. Il parvient à la fois à nous faire oublier Dustin Hoffman et à rendre le personnage de Benjamin Braddock très contemporain. Les autres rôles sont parfaitement distribués, et utilisés avec une pointe de malice carrément… freudienne. Vous comprendrez en découvrant la pièce… 😉

Bref, cette adaptation est une belle réussite, et un cas d’école, pour nous scénaristes. Elle donne une furieuse envie de revoir le film. Parce qu’elle parvient à lui rendre un vibrant hommage, tout en nous offrant une passionnante relecture. Je vous encourage vivement à la découvrir au plus vite, et à lire son texte, publié par l’Avant-Scène:

Le Lauréat se joue du mardi au dimanche, au Théâtre Montparnasse, go go go!!!!

Copyright©Nathalie Lenoir 2018