Scénario-Buzz

L'écriture entre les lignes

FAQ

N’hésitez pas à m’envoyer vos questions par mail, via la rubrique Contact du site. Merci de tout de même prendre le temps de fouiller un tant soit peu dans les archives, via les catégories, et dans cette FAQ au préalable histoire de vous assurer que le sujet n’a pas déjà été traité. :-)

 

Je réponds également à vos questions les plus fréquentes dans la rubrique SAV des lecteurs.

bibiwork


Me, Scénario-Buzz & my assistant…

Depuis combien de temps bloguez-vous?

J’écris des articles pour le web depuis 2001 et je blogue à proprement parler depuis 2006. Étrangement  j’ai tout fait à l’envers puisque j’ai commencé à bloguer pour une plateforme, Nidinfo, avant de prendre mon indépendance en créant Scénario-Buzz en 2010.

Que vous rapporte votre blog?

Accepteriez-vous de lire et évaluer mon scénario?

Non, désolée, je ne traite ce genre de demandes que lorsqu’elles émanent de professionnels et sont rémunérées. Je reçois plusieurs sollicitations émanant d’aspirants scénaristes chaque semaine et je pense leur offrir déjà assez de mon temps via ce blog. ;-)

Essayez-vous de décourager vos jeunes lecteurs de vouloir devenir scénariste à leur tour?

Bien entendu que non, je ne passerais pas mon temps à leur prodiguer des informations et des conseils d’écriture. Je ne souhaite induire personne en erreur en revanche: il est très difficile de devenir scénariste et d’en vivre correctement. Seuls les plus travailleurs et acharnés y parviennent.

Pourquoi parlez-vous rarement de votre propre carrière?

Parce que ce n’est absolument pas le propos de ce blog. Je blogue au sujet de ma profession et de l’écriture en général, pas de ma petite personne. J’évoque parfois tel projet ou telle collaboration au détour d’un article quand le sujet s’y prête, c’est amplement suffisant. Et puis bon, un bon scénariste évite de trop s’étendre sur ses projets;-)

Je parle beaucoup de mes chats en revanche mais c’est parce qu’ils font partie intégrante de mon travail, squattant mon bureau sans vergogne.

Etes-vous la fameuse « madame X »?

LOL! Ben non justement L’année dernière, j’avais instauré cette série des « 24 heures dans la vie d’une scénariste » , via la chronique Bigger than Fiction et bien entendu je m’y étais inspirée d’anecdotes personnelles ou qui m’avaient été comptées par des confrères, mais j’avais bien précisé que c’était de la pure fiction, je ne pensais pas que certains lecteurs feraient l’amalgame. Du coup des collaborateurs m’envoyaient des mails du genre « Ça y est, tu es rentrée de Bretagne? ». J’ai donc préféré stopper ce feuilleton afin d’éviter toute confusion.

Donc non, quand je parle de « conjoint » ce n’est pas du mien qu’il s’agit, auquel cas je précise « mon conjoint », même chose pour la belle-mère (la mienne est très chouette je vous assure), les gosses, le banquier, la pharmacienne, le poisson rouge…


Le métier de scénariste
 

Y a t-il un âge idéal pour devenir scénariste?

Non, pas vraiment. Disons que pour être pris au sérieux, il ne faut tout de même pas être trop jeune (en dessous de 25 ans à la louche). Quant à débuter une carrière « tard », il n’y a pas de date de péremption. Il ne faut cependant pas perdre de vue qu’on rame en moyenne une dizaine d’années avant de pouvoir en vivre…

Comment devient-on scénariste en France?

Peut-on vendre un scénario de court-métrage à un producteur et à quel tarif ? 

L’économie du court-métrage étant ce qu’elle est, personne n’est en général payé, le scénariste pas plus que les autres. C’est en revanche une excellente « école » pour un auteur et l’occasion de nouer des relations privilégiées avec de jeunes cinéastes.

Vous dites qu’il est plus facile d’attirer l’attention de producteurs si le scénario est co-écrit avec un réalisateur. Est-ce une  bonne idée d’envoyer son scénario à des réalisateurs dans le but de collaborer ?

Oui, ils sont mêmes les premiers interlocuteurs à contacter mais en pratique, peu de cinéastes ont envie de mettre en images des histoires dont ils ne sont pas à l’origine. Votre spec-script vous servira cependant de carte de visite, ce qui est déjà énorme.

Est-il vraiment impossible pour un scénariste français de voir porter son scénario à l’écran à moins de le réaliser lui-même?

Rien n’est impossible en théorie mais disons que c’est plus qu’improbable, à moins que cet auteur ait déjà un certain poids dans le métier.

Faut-il écrire un scénario complet avant de démarcher un producteur ou peut-on lui vendre un concept d’histoire?

Comme je l’ai expliqué à maintes reprises dans ces colonnes, il est d’usage de démarcher à partir d’un dossier comprenant synopsis et note d’intention.

La plupart des films se vendent sur pitch, synopsis donc, voire traitement. Attention toutefois de bien protéger ce concept au préalable, tout en sachant qu’il est impossible de revendiquer la paternité d’une simple idée de base, c’est son développement qui rendra unique la futur œuvre.

Dans le cas où vous avez déjà écrit le scénario in extenso et l’avez déposé, inutile de vous en vanter pour autant, ce qui risquerait de vous exposer à de belles déconvenues… Un scénario se commande, contrat et chèque à l’appui.

Quelles sont les qualités indispensables d’un bon scénario?

Ouch, difficile de répondre ici à une telle question. La dramaturgie s’apprend, et pas en cinq minutes. Je vous renvoie à cet article où j’explique comment un lecteur professionnel analyse un scénario qui vous fournira quelques pistes…

Pourquoi les scénaristes français sont-il aussi mauvais, en comparaison avec leur homologues américains ?

Oulala, question qui fâche! ;-)

Nous ne sommes pas plus mauvais que nos confrères américains, c’est le système et les moyens qui diffèrent énormément. Aux USA, les networks attendent que les auteurs leurs proposent des sujets en leur laissent carte blanche, puis ils choisissent ceux qui leurs semblent les meilleurs, investissent de l’argent dans leur écriture et dans le tournage d’un pilote qui est un épisode 0, un simple test. Après avoir visionné et fait analyser par tout un staff et un pannel de spectateurs tous les pilotes, la chaîne effectue une nouvelle sélection et n’en garde que deux ou trois qui entrent alors véritablement en production. Du coup, ce qui est diffusé sur leurs antennes n’est que la crème de la crème mais a nécessité un gros investissement en amont.

En France en revanche, ce sont les diffuseurs qui nous dictent ce qu’ils souhaitent voir: des ersatz de séries US mais avec dix fois d’argent sur la table, des déclinaisons de fictions qui ont bien marché les saisons précédentes. Aucun budget n’est consacré au développement, la chaîne demande une écriture ultra rapide, les scripts passent à la moulinette de divers conseillers qui ont tous des avis divergents et au final, on tourne à partir de scénarios médiocres faute de s’être vu attribuer un délai de réécriture satisfaisant. On tourne, on diffuse, le résultat est médiocre… et tout le monde blâme les scénaristes… Si vous souhaitez approfondir le sujet, je vous recommande l’excellente analyse de mon confrère Eric Vérat.

Combien gagne un scénariste français?

Il est impossible de répondre à cette question dans la mesure où nous devons être environ quatre à cinq cent professionnels en activité parmi lesquels il n’y a pas deux individus qui gagnent la même chose.

Au cinéma par exemple, un scénario de long-métrage est payé 30 000 euros pour un jeune auteur, environ 50-60 000 euros pour un auteur confirmé et… il n’existe pas vraiment de limite supérieure. Tout dépend donc:

1. de la notorité de du scénariste

2. du budget du film

3. de savoir si le réalisateur a co-écrit le scénario auquel cas il empoche la moitié de la somme

4 s’il y a d’autres co-auteurs auquel cas la somme est encore divisée

Mais tout n’est pas encore aussi simple: le scénario est payé en plusieurs étapes (c’est ce qu’on appelle le step-deal): 10% à la signature (signature du contrat d’option), environ 30% à la remise de la première version du scénario, encore 30% à la remise d’une V2 ou 3 et le reste de la somme au premier jour de tournage. Si le développement du film est brutalement interrompu (ce qui arrive fréquemment), le scénariste ne touchera jamais les sommes restantes.

En télévision, les tarifs dépendent:

1. de la notoriété du scénariste

2. du format (la durée) de la fiction commandée (pour faire simple, plus c’est long plus c’est cher) , voire du nombre d’épisodes

3. de la chaîne qui commande cette fiction

4. de l’horaire de diffusion

5. du nombre de co-auteurs éventuels

S’ajoute à cela: les 10% prélevés par l’auteur de la Bible, le pourcentage éventuel du directeur de collection.

Là encore, tout est payé en step-deal et peut s’interrompre en cours de développement. Nous avons tous des CV remplis de projets qui n’ont jamais vu le jour.

Autre source de revenu considérable: les droits de diffusion qui sont gérés soit par la SCAM soit par la SACD selon le type d’oeuvre. Mais là encore, tout dépend de la chaîne, de l’horaire et du nombre de diffusions et il faut ôter la part qui revient au réalisateur. Donc pour résumer, il est plus rentable d’écrire une série en prime time sur TF1 qu’une série de day-time sur une chaîne câblée.

Si on ajoute à cela, les 10% prélevés par les Agessa (la sécu des auteurs), les 10% prélevés par l’agent si agent il y a et la cotisation reversée à la Guilde Française des Scénaristes (qui est proportionnelle aux revenus), plus la somme reversée au Trésor Public, les retards de paiements, le scénariste gagne… et bien ça dépend complètement!

Je me conterai d’ajouter que le scénariste à parfois du mal à joindre les deux bouts, que ses revenus, même quand il est « bankable » sont très loin d’égaler ceux de son homologue américain, mais qu’on ne choisit pas ce type de carrières pour le pognon ou la sécurité de l’emploi.

Comment savoir à quel(s) producteur(s) envoyer son dossier et à quel moment ? (Ils n’apprécient apparemment pas que les dossiers circulent trop…)

C’est à la fois très simple, puisqu’il « suffit » de suivre de près toute l’actualité du secteur (via la presse professionnelle papier et web) pour savoir quelle société produit quoi, et compliqué car cela représente pas mal de travail en soi…

Est-ce une bonne précaution ou un signe d’amateurisme d’indiquer par le sigle copyright qu’une note d’intention pour un projet de série est protégée ?

Un signe d’amateurisme! Pas de numéro de dépôt SACD non plus. Ce qui importe, c’est que le projet soit bel et bien protégé en cas de litige. En dépit d’une légende urbaine, le vol d’idée est très rare mais il est très fréquent que deux (ou vingt) personnes aient la même idée en revanche. Il faut bien réaliser qu’il est difficile de revendiquer la paternité d’un simple concept, c’est son développement qui le rend unique.
Ce qui nous ramène une fois encore à la nécessité de bien se renseigner sur le sérieux de la société de production à démarcher. Cela dit sans vouloir jouer les rabats-joies, si un scénariste débutant propose un concept de série et que par chance son projet retient l’attention d’un producteur, une fois l’option signée, ce dernier embauchera fatalement un ou des auteur(s) expérimenté(s) pour le développer…

Pratique

Comment écrire un scénario de A à Z

Où trouver des scénarios sur Internet?

Visites de bureaux de romanciers/scénaristes

Bibliographie pour écrivains/auteurs/scénaristes

 
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