Ecriture & peur de l’échec

On ne se lance pas facilement dans une carrière d’auteur(e). Ou plus exactement, on y renonce rapidement. C’est une chose d’aimer écrire et d’y consacrer toute sa vie, avec tous les aléas psychologico-économiques que cela représente. Sans oublier les tensions avec banquier et entourage… 😉

Mais le pire ennemi des auteurs aspirants, c’est encore leur propre peur de l’échec. Voici deux très belles citations, l’une signée Neil Gaiman, l’autre, Ira Glass, qui leur redonneront (je l’espère) du courage. 🙂

Cette citation de Neil Gaiman est issue de son discours aux étudiants de la Philadelphia’s University of the Arts, publié intégralement dans l’ouvrage Make good art:

« Lorsque vous débutez, vous êtes confronté(e) aux problèmes liés à l’échec. Vous devez avoir la peau épaisse, apprendre que tous les projets ne peuvent aboutir. Une vie de freelance, une vie dans les arts, cela ressemble parfois à glisser des messages dans des bouteilles, depuis une ile déserte, en espérant que quelqu’un trouvera l’une de ces bouteilles, l’ouvrira, lira le message, et vous renverra cette bouteille avec quelque chose dedans : de l’appréciation, ou une commande, de l’argent, de l’amour. Et vous devez accepter le fait que vous devrez peut-être remettre une centaine de messages à la mer pour chaque bouteille qui revient sans réponse. »

Voici une seconde citation, que l’on doit au journaliste américain Ira Glass, producteur et animateur de l’émission radio This American Life (disponible en podcast) :


« Personne ne prévient les débutants, j’aurais aimé qu’on me le dise. Tous ceux d’entre nous qui exerçons un travail créatif, se sont lancés parce qu’ils ont bon goût. Mais il y a un fossé. Pendant les deux premières années, vous faites des choses qui ne sont pas très bonnes. Il y a un effort, du potentiel, mais ce n’est toujours pas ça. Mais votre goût, cette qualité qui vous a fait entrer dans cette carrière, la met en péril. C’est précisément parce que vous avez bon goût que votre travail vous déçoit.

Beaucoup ne surmontent jamais cette phase. ils abandonnent. La plupart des gens que je connais qui font un travail intéressant et créatif ont du traverser cette crise pendant des années. Nous le savons, quand notre travail ne possède pas cette étincelle que nous souhaitons y mettre. Nous avons tous traversé cela. Si vous venez de débuter votre carrière et que vous êtes toujours bloqué(e) dans cette phase, vous devez savoir que c’est normal et que le meilleur remède que vous puissiez y apporter, c’est de travailler d’arrache-pied.

Fixez-vous un deadline de façon à terminer au moins une histoire chaque semaine. Ce n’est qu’en produisant un large volume que vous comblerez ce fossé, et que votre travail satisfera vos ambitions initiales. Et cela m’a pris plus longtemps à comprendre cela qu’à quiconque dans mon entourage. Cela vous prendra du temps. C’est normal. Vous devez simplement vous battre pour traverser cette bataille. »

Bon, ben, y’a plus qu’à maintenant, comme dirait l’autre. 😉

De saines lectures pour (re)prendre confiance en soi :

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