Ralph Ellison et l’écriture

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Comment savoir si l’on est fait pour devenir un auteur professionnel, si l’on supportera la douleur et les doutes, les contretemps, les échecs? Si chaque parcours d’écrivain/scénariste est unique, ceux qui réussissent à s’imposer partagent la même passion et surtout la même attitude engagée. On devient -et reste- auteur parce que c’est finalement la seule chose pour laquelle on est fait(e).

Je vous propose de débuter la semaine par une jolie séance d’inspiration/motivation en compagnie du romancier Ralph Ellison…

Ralph Ellison (1913-1994), est un romancier, essayiste et critique littéraire américain que l’on connait surtout pour son roman Invisible Man (Homme invisible, pour qui chantes-tu ?), lauréat du National Book Award en 1953. Voici quelques unes de ses citations au sujet de l’écriture. Il y est surtout question de littérature mais les réflexions qui suivent s’appliquent à tout type d’écriture.

1. By and large, the critics and readers gave me an affirmed sense of my identity as a writer. You might know this within yourself, but to have it affirmed by others is of utmost importance. Writing is, after all, a form of communication. 

En gros, critiques et lecteurs m’ont donné un sens affirmé de mon identité en tant qu’écrivain. On peut la pressentir au fond de soi-même, mais la faire confirmer par autrui est de la plus haute importance. Ecrire est, après tout, une forme de communication.

2. The act of writing requires a constant plunging back into the shadow of the past where time hovers ghostlike.

L’acte d’écrire requiert une constante plongée en arrière, dans l’ombre du passé où le temps plane comme un fantôme.

3. Good fiction is made of that which is real, and reality is difficult to come by.

Une fiction de qualité est faite de ce qui est réel, et la réalité est difficile à retranscrire.

4. All novels are about certain minorities: the individual is a minority.

Tous les romans concernent certaines minorités: l’individu lui-même est une minorité.

5. So why do I write, torturing myself to put it down? Because in spite of myself I’ve learned some things. Without the possibility of action, all knowledge comes to one labelled ‘file and forget’, and I can neither file nor forget. 

Pourquoi est-ce que j’écris, me torturant pour y parvenir? Parce qu’en dépit de moi-même j’ai appris certaines choses. Sans la possibilité d’action, toute connaissance finit par être « classée et oubliée », et je ne peux jamais classer ou oublier.

6. I suspect that all the agony that goes into writing is borne precisely because the writer longs for acceptance.

Je soupçonne que toute cette agonie qui participe de l’écriture nait précisément parce que l’auteur aspire à l’acceptation.

7. If the word has the potency to revive and make us free, it has also the power to blind, imprison, and destroy.

Si le mot est capable de ranimer et de nous libérer, il possède également le pouvoir d’aveugler, d’emprisonner et de détruire.

8. I find that a sense of the ritual understructure of the fiction helps to guide the creation of characters. Action is the thing. We are what we do and do not do.

Il me semble qu’un sens de la sous-structure rituelle de la fiction aide à la création des personnages. L’action est la clé. Nous sommes ce que nous faisons et ne faisons pas.

9. Words are your business, boy. Not just the word. Words are everything. The key to the rock, the answer to the question.

Les mots sont ton business, mon garçon. Pas juste le mot. Les mots sont tout. La clé du rocher, la réponse à la question.

Sur ces bonnes paroles, au boulot! 😉

Copyright©Nathalie Lenoir 2016