Comment écrire… un film de Noël?

gremlins

Si les films de genre font les belles heures du cinéma hollywoodien depuis sa création ou presque, force est de constater que la recette fonctionne nettement moins bien sur notre sol, sans doute parce qu’on y maîtrise moins les codes d’écriture propres à chaque genre. Difficile dans ces conditions de s’en affranchir…

Je vous propose d’étudier aujourd’hui ce qu’il conviendrait plutôt de qualifier de sous-genre, mais il est furieusement de saison…

Le film de Noël n’est pas un genre dramaturgique mais peut s’appliquer à tous ou presque. Attention cependant, le fait que telle ou telle intrigue se passe à ce moment de l’année ne le classe pas pour autant dans cette sous-catégorie, encore faut-il que les festivités de Noël et ce qu’elles impliquent au niveau sociologique aient une réelle importance dans l’histoire.

Pourquoi tant de cinéastes se prêtent-ils à l’exercice, et ce des deux côtés de l’Atlantique? Tout simplement parce qu’en Occident, c’est une période cruciale de l’année, que l’on soit laïc ou que l’on appartienne à une quelconque religion. D’un point de vue sociétal, Noël est une fête de famille: le fait que l’on ait une famille ou pas, que l’on se réunisse avec elle ou pas, que l’on s’entende avec elle ou pas nous marque émotionnellement lors de cette fête. Ces émotions, bonnes ou mauvaises, sont renforcées par la proximité de la fin d’année. A Noël, on repense à son enfance, à ceux qui nous ont quitté, on se réconcilie ou se fâche, on rit ou en pleure. Peu de gens, même s’ils prétendent le contraire, traversent les 24 et 25 décembre comme des journées anodines.

C’est donc en toute logique que ce contexte place les personnages de fiction dans des situations quasi universelles, leur faut vivre des joies ou des peines, des moments de stress, des galères, auxquels le public s’identifie fortement. Ce n’est donc pas un hasard si la plupart des séries télévisées incluent chaque saison un épisode de Noël.

Qu’il s’agisse d’une comédie (La Buche, Home Alone, Love actually), d’un mélo (It’s a wonderful life), d’un film d’action (Die Hard), d’un film d’horreur (Silent Night, Bloody NightSanta’s Slay), le Christmas Movie utilisera immanquablement des ressorts communs en les modelant selon les besoins de l’intrigue:

  • crainte de ne pas pouvoir passer Noël en famille
  • difficultés financières qui menacent le bon déroulement des festivités
  • relations familiales houleuses qui donnent envie de zapper le réveillon
  • solitude ou deuil accrus d’un personnage au moment des fêtes
  • besoin de réconciliation avec un proche

Le gros moteur dramaturgique commun à tous ces films c’est que quelque chose ou quelqu’un, voire une combinaison de moult éléments perturbateurs, menace le bon déroulement des festivités de Noël.

Outre les règles dramaturgiques communes à tous scénarios, voici quelques clichés stratégiques d’une intrigue de film de Noël:

1. De la neige pour l’ambiance

2. Un ou des enfant(s) qui symbolise(nt) la magie innocente de Noël

3. Des personnages qui illustrent l’aspect moral de Noël: ce ne sont pas les cadeaux et l’argent qui comptent mais l’amour, blablabla

4. Une question spirituelle sous-jacente:  foi religieuse, réflexion humaniste

5. Une pointe de noirceur, de cynisme qui découle des points précédents: où va le monde? comment évolue notre société consumériste et individualiste, blablabla

6.  Une bande son de circonstance

7. Le Père Noël mais pas forcément en chair et en os, il peut apparaître sous forme de clins d’oeil (affiches, pubs télévisées, faux Pères Noëls des centres commerciaux…)

A noter enfin quelques grandes références qui resurgissent inlassablement:

  1. Le Chant de Noël de Charles Dickens
  2. Le film It’s a wonderful life dont on voit des extraits en arrière-plan
  3. La fameuse dinde du Réveillon, comme si c’était un menu universel; qui finira crue ou cramée
  4. Le baiser sous le gui qui est toujours placé à l’endroit et au moment stratégique, il apparaît même parfois par magie comme dans Harry Potter
  5. Le costume de Père Noël impossible à retrouver ou louer
  6. Le jouet star introuvable parce qu’on a trop attendu pour s’en occuper
  7. Les personnages qui noient leur peine et/ou stress dans l’alcool
  8. Certaines grosses enseignes commerciales qui font un placement de produit particulièrement agressif

Voilà, il me semble avoir fait le tour mais j’oublie certainement quelques éléments de la liste, n’hésitez pas à me les signaler. Quel est votre film de Noël favori, chers lecteurs? Moi c’est le drôlissime Gremlins de Joe Dante (scénario de Chris Columbus) que je compte justement revoir en famille la semaine prochaine et dont je vous propose de savourer quelques images:


Voici quelques ressources complémentaires pour ceux d’entre vous qui souhaitent s’essayer à l’exercice:

Références :

Je vous propose enfin une petite séance de coaching d’écriture d’un film de Noël pleine d’humour et pas dénuée de bon sens:


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