Immense Agnès Varda

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La 68ème édition du Festival de Cannes s’est close dimanche sur une cérémonie riche en émotions et récompenses pour le cinéma français. Ce fut aussi l’occasion de rendre hommage à l’une de nos plus grandes cinéastes, Agnès Varda.

Le palmarès du 68ème Festival de Cannes m’a réjouie à plus d’un titre. Non seulement le septième art hexagonal y était à la fête (raaa, Vincent Lindon ENFIN récompensé pour son immense talent), mais dans ce qu’il a de plus noble, et pourtant menacé, à savoir un cinéma social, humaniste, qui a de plus en plus de mal à survivre à l’hégémonie de la comédie « à la française ». Voilà, c’est dit. 😉

Mais le moment qui m’a vraiment bouleversée fut sans conteste la remise d’une Palme d’Or d’honneur à une cinéaste que j’adore. Agnès Varda, c’est une pionnière, seule femme au sein de la Nouvelle Vague, une cinéaste libre et furieusement innovante. C’est à la fois une immense artiste et un brave petit soldat, car comme elle l’a rappelé elle-même lors de son discours, si elle a reçu un nombre incalculable de récompenses, elle a toujours eu beaucoup de mal à financer ses films, jugés pas assez commerciaux/rentables.

Cela ne l’a jamais arrêtée, elle a tourné ses films à l’arrache, elle a filmé les films qu’elle portait en elle, pas ceux que le marché semblait attendre, statistiques à l’appui:

« Mon problème n’était pas d’être une femme qui fait du cinéma, mais d’écrire un cinéma contemporain. De changer la vision des arts comme dans la littérature, Joyce ou Virginia Woolf l’avaient fait. Mon mouvement de femme a toujours été de ne jamais croire que j’avais des certitudes, de ne jamais répéter un film. Ma recherche documentaire et un peu de fiction a fait que parce que je n’étais pas acceptée par le milieu du cinéma, je n’ai pas souffert de ce que des femmes éminentes ont dénoncé, ces productrices ou ces actrices qui n’avaient que des rôles de « supporting ». C’est comme si je m’étais mise en dehors du problème, ne m’intéressant qu’à l’idée de faire un cinéma novateur et libre, de ne pas rentrer dans les standards de façon de filmer. »

Aujourd’hui le monde du cinéma récompense, à juste titre, la très grande oeuvre d’Agnès Varda, mais saura-t’il entendre son message, en tirer des conclusions salutaires pour évoluer? Comme le soulignait la cinéaste en conférence de presse:

« Les femmes ont besoin d’argent car elles sont obligées de faire des petits films, novateurs certes mais avec quatre sous. Le vrai problème c’est qu’on n’a pas envie de leur confier un vrai paquet d’argent. Je n’ai pas encore vu ça, j’espère que ça va venir. »


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Tout comme vous, nous sommes nombreuses à attendre, très chère Agnès, merci de nous avoir montré la voie, de nous prouver, aujourd’hui encore, que quand on veut on peut. 🙂

Références :

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