Ecrire un roman: 7 conseils de William Faulkner

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Les stats de Scénario-Buzz me disent à quel point vous aimez les conseils d’écritures émanant d’auteurs célèbres, ça tombe bien, moi aussi! 🙂

Notre professeur du jour s’appelle William Faulkner et je vais traduire quelques uns de ses sages préceptes pour ceux d’entre vous qui ne comprennent pas l’anglais…

Ces conseils sont particulièrement destinés à l’écriture romanesque mais s’appliquent à merveille à la rédaction de scénarios. 🙂

1. Take what you need from other writers

I think the writer, as I’ve said before, is completely amoral. He takes whatever he needs, wherever he needs, and he does that openly and honestly because he himself hopes that what he does will be good enough so that after him people will take from him, and they are welcome to take from him, as he feels that he would be welcome by the best of his predecessors to take what they had done.

1. Empruntez ce dont vous avez besoin à d’autres auteurs. Selon moi un écrivain, comme je l’ai déjà dit auparavant, est complètement amoral. Il prend ce dont il a besoin, où il en a besoin, et il le fait ouvertement et honnêtement parce qu’il espère lui-même que son travail sera assez bon pour que d’autres gens s’en inspirent, et ils auront raison de le faire, de même que lui ressent que les meilleurs de ses prédécesseurs seraient content qu’il s’inspire de leur travail.

2. Don’t worry about style

I think the story compels its own style to a great extent, that the writer don’t need to bother too much about style. If he’s bothering about style, then he’s going to write precious emptiness–not necessarily nonsense…it’ll be quite beautiful and quite pleasing to the ear, but there won’t be much content in it.

2. Ne vous souciez pas du style. Je pense qu’une histoire impose en grande partie son propre style, qu’un écrivain n’a pas besoin de trop s’embêter à propos du style. S’il s’entête au sujet du style, alors il va produire une prose précieuse et creuse – pas nécessairement absurde… ce sera plutôt joli et plaisant à l’oreille, mais il n’y aura pas beaucoup de contenu.

3. Write from experience–but keep a very broad definition of “experience”

To me, experience is anything you have perceived. It can come from books, a book that–a story that–is true enough and alive enough to move you. That, in my opinion, is one of your experiences. You need not do the actions that the people in that book do, but if they strike you as being true, that they are things that people would do, that you can understand the feeling behind them that made them do that, then that’s an experience to me. And so, in my definition of experience, it’s impossible to write anything that is not an experience, because everything you have read, have heard, have sensed, have imagined is part of experience.

3. Ecrivez à partir de votre expérience – mais conservez une définition très large de «l’expérience». A mes yeux, l’expérience comprend tout ce que vous avez perçu. Cela peut émaner de livres, un livre qui -une histoire qui- est suffisamment vraie et vivante pour vous émouvoir. Cela, à mon avis, constitue l’une de vos expériences. Vous n’avez pas besoin de réaliser les mêmes actions que les personnages du livre en question, mais si ces actions vous frappent, vous semblent vraies, si ce sont des choses que feraient de vraies personnes, que vous pouvez comprendre les émotions qui sous-tendent ces actions, alors cela constitue votre propre expérience à mes yeux. Et donc, d’après ma définition de l’expérience, il est impossible d’écrire quelque chose qui ne soit pas une expérience, puisque tout ce que vous avez lu, entendu, ressenti, imaginé fait partie de votre expérience.

4. Know your characters well and the story will write itself

I would say to get the character in your mind. Once he is in your mind, and he is right, and he’s true, then he does the work himself. All you need to do then is to trot along behind him and put down what he does and what he says. It’s the ingestion and then the gestation. You’ve got to know the character. You’ve got to believe in him. You’ve got to feel that he is alive, and then, of course, you will have to do a certain amount of picking and choosing among the possibilities of his action, so that his actions fit the character which you believe in. After that, the business of putting him down on paper is mechanical.

4. Connaissez bien vos personnages et l’histoire s’écrire d’elle-même. Je dirais que vous devez avoir le personnage dans votre esprit. Une fois qu’il est dans votre esprit, et qu’il est cohérent, et qu’il est vrai, alors il fait le travail lui-même. Tout ce que vous devez faire alors, c’est trotter derrière lui et noter ce qu’il fait et ce qu’il dit. C’est une ingestion puis une gestation. Vous devez connaitre le personnage. Vous devez croire en lui. Vous devez ressentir qu’il est vivant, et alors bien entendu, vous devrez faire un certain nombre de choix parmi ses actions potentielles, pour que les actions collent vraiment au personnage en lequel vous croyez. Après cela, le travail de le coucher sur papier est mécanique.

5. Use dialect sparingly

I think it best to use as little dialect as possible because it confuses people who are not familiar with it. That nobody should let the character speak completely in his own vernacular. It’s best indicated by a few simple, sparse but recognizable touches.

5. Utilisez le dialecte avec parcimonie. Je pense qu’il vaut mieux utiliser un dialecte le moins possible parce que cela embrouille les lecteurs qui ne sont pas familiers avec. Que personne ne devrait laisser un personnage s’exprimer entièrement dans sa propre langue vernaculaire. Il vaut mieux utiliser ce dialecte par touches simples, rares mais notables.

6. Don’t exhaust your imagination

The only rule I have is to quit while it’s still hot. Never write yourself out. Always quit when it’s going good. Then it’s easier to take it up again. If you exhaust yourself, then you’ll get into a dead spell and you’ll have trouble with it.

6. N’épuisez-pas votre imagination. La seule règle est d’arrêter d’écrire lorsqu’elle est encore chaude. Ne stoppez jamais sur un statu quo. Arrêtez-vous toujours au moment où votre inspiration est florissante. Il vous sera ainsi aisé de reprendre là où vous vous êtes arrêté. Si vous vous épuisez, alors vous subirez un sortilège fatal (writers’ block) et vous aurez du mal à vous en sortir.

7. Don’t make excuses

I have no patience, I don’t hold with the mute inglorious Miltons. I think if he’s demon-driven with something to be said, then he’s going to write it. He can blame the fact that he’s not turning out work on lots of things. I’ve heard people say, “Well, if I were not married and had children, I would be a writer.” I’ve heard people say, “If I could just stop doing this, I would be a writer.” I don’t believe that. I think if you’re going to write you’re going to write, and nothing will stop you.

7. Ne vous cherchez pas d’excuses. Je n’ai aucune compassion pour les génies brimés. Je pense que si un auteur est torturé par quelque chose qui doit être dit, alors il l’écrira. Il peut déplorer de pas avoir le temps d’accomplir maints travaux. J’ai entendu beaucoup de gens dire « Si je ne m’étais pas marié, si je n’avais pas eu d’enfants, je serais devenu écrivain. » J’ai entendu beaucoup de gens dire « Si je pouvais seulement arrêter telle ou telle chose, je pourrais devenir écrivain ». Je n’y crois pas. Je pense que si vous êtes fait pour écrire, alors vous écrirez, et rien ni personne ne vous en empêchera.

Source: Observando

Quelques ouvrages pour apprendre l’écriture romanesque :


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