De la nécessité de se cultiver avant d’écrire

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En amour comme en écriture, il est de mauvais ton de bâcler les préliminaires. Comment en effet traiter un sujet, ou aborder un genre de fiction, dont on ignore tout ou presque? Cette problématique est universelle à tous les auteurs, tous les artistes, tous les créatifs à vrai dire mais elle est encore plus cruciale quand on aborde l’écriture de scénario puisqu’il s’agit neuf fois et demi sur dix d’un travail de commande et donc de sujets, de thématiques hétéroclites…

Je vous ai déjà parlé du processus de recherches à proprement parler mais je voudrais revenir en détail sur l’une de ses étapes hélas trop souvent zappée: la bibilographie/filmographie.

Je vous ai parlé à maintes reprises de l’indispensable processus de recherches qui doit précéder l’écriture de tout nouveau projet, en vous expliquant notamment comment j’effectue mes recherches préliminaires. Chaque auteur professionnel développe bien entendu sa petite cuisine personnelle et je n’ai aucunement l’intention de prétendre que la mienne est meilleure que celles des autres. Ce qui est certain en revanche, c’est que la prémisse d’un scénario est un travail à part entière et qu’un projet mal préparé se reconnait instantanément à sa lecture.

Beaucoup de jeunes auteurs se contentent de lire en biais deux ou trois articles sur le Net avant de s’attaquer à l’écriture de leur texte et c’est une très grave erreur. Personne n’a la science infuse, ni une culture littéraire/cinématographique/artistique illimitée et pour avoir quelque chose à dire sur tel ou tel sujet encore faut-il nourrir sa réflexion.

Je vous ai déjà montré, notamment lors de la visite de mon bureau, les cahiers que je dédie à chaque nouveau projet: ils me servent à la fois à consigner le fruit de mes recherches, de mes brainstormings, et à collecter des sources d’inspiration visuelle.

Les premières pages que je noircis dans chacun de ces cahiers sont dédiées à l’établissement d’une bibliographie, d’une filmographie et d’une liste de références musicales ou visuelles.

Avant d’écrire la première ligne d’un quelconque synopsis ou traitement, je me fais un devoir de lire/relire chaque livre, de voir/revoir chaque film (ou documentaire, téléfilm) qui sont listés. Cela me permet:

  • de me renseigner sur le sujet à traiter, l’époque où il se situe, le genre auquel il appartient
  • de nourrir ma réflexion et mon propos sur ce même sujet
  • d’éviter mine de rien de redire ce qui a été dit cent fois, et mieux, par d’autres auteurs
  • de m’immerger dans la future atmosphère du récit

Un projet, même quand il est personnel et emprunte donc des terrains connus, a besoin de maturation, sinon il sera traité de façon superficielle. Pourquoi admire t-on certains auteurs et/ou cinéastes plus que d’autres? Tout simplement parce que leurs oeuvres sont nourries de références multiples, tout en offrant des points de vue inédits et personnels. Et ça représente un sacré travail mes p’tits choux!

Jeunes Padawans, ne vous cherchez pas d’excuses vaseuses pour zapper cette période d’étude! Vous n’avez pas le temps? Oubliez l’écriture, c’est une activité chronophage par essence. Vous avez peu de moyens pour acquérir tous ces ouvrages, ces DVD, CD et autres? Empruntez-les dans une bibliothèque, à des amis, cherchez des ressources sur le Net, elles sont infinies pour qui prend le temps de fouiller…

Ces préparatifs n’ont rien d’une torture, bien au contraire, ils font gagner du temps et de l’efficacité lors de l’écriture puisque l’inspiration a été stimulée tout au long de ce processus. La vraie difficulté du travail d’un scénariste professionnel consiste à jongler entre de nombreux projets, avec leurs préparations inhérentes, et à ne pas s’emmêler les pinceaux par la suite en déclinant un drame shakespearien à la sauce Philip K Dick,  ou en faisant manger la fameuse madeleine à des martiens. Encore que l’équation puisse s’avérer intéressante… 😉

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