Alexander Mackendrick, excellent professeur de cinéma!

Mackendrick

Je suis en train de lire un livre dédié à la réalisation au cinéma, qui s’avère un excellent ouvrage à l’attention des scénaristes itou…

Il y a deux mois je vous proposais une sélection d’ouvrages que les studios Pixar recommandent à leurs stagiaires. N’en connaissant pas la majeure partie, j’ai décidé pour ma part d’investir, avide de conseils pour me guider dans ma jeune carrière de réalisatrice.

Lorsque j’ai attaqué le On Filmmaking d’Alexander Mackendrick (La fabrique du cinéma en français) et que j’ai constaté la large place qui est consacrée au scénario, j’ai cru que je n’y trouverais que la sempiternelle doctrine des screenwriting gurus américains, certes pleine de sagesse, mais que je connais par coeur. Et bien vous savez quoi? J’avais tort. 🙂

Il faut dire que l’auteur de cet ouvrage fut à la fois scénariste, réalisateur et professeur de cinéma, et que cette triple expérience lui donne une approche archi pragmatique et synthétique qui mérite lecture!

Bien entendu, Mackendrick revient brièvement sur les règles de bases de la dramaturgie, mais il propose une foule de conseils pour réécrire un scénario bancal, des exercices pour améliorer son écriture et booster sa créativité, il analyse enfin le scénario pour ce qu’il est: un outil qui va servir à chaque étape de l’élaboration d’un film.

Je ne peux bien entendu pas vous résumer tout le bouquin en un article, mais voici un conseil de réécriture qui m’a particulièrement intéressée:

Dans le cas d’un scénario dont la prémisse et le premier acte sont particulièrement satisfaisants, mais qui s’essouffle en cours d’acte deux, pour donner un troisième acte faiblard, Alexander Mackendrick recommande de laisser de côté l’intrigue pour se concentrer sur les personnages, notamment l’antagoniste.

Dans les faits, les scénaristes connaissent la biographie de leur protagoniste (sinon c’est très grave hein) mais plus rarement celle de son opposant, et c’est un tort. Et bien notre professeur du jour recommande d’écrire un monologue intérieur de l’antagoniste du scénario, d’imaginer toute l’intrigue à travers ses yeux à lui/elle, à partir de sa vision des choses, en tenant compte de ses désirs, ses failles et sentiments. Il ne s’agit pas à ce stade de réécrire le scénario, plutôt de rédiger un traitement succinct, quitte à faire intervenir les points de vues de personnages secondaires en cas de blocage. Cette méthode permet de mettre le doigt sur la faiblesse de certains noeuds dramatiques, le manque d’enjeux de certains passages ou scènes. Une fois que l’intrigue fonctionne selon les principaux points de vues des personnages, il est plus simple de réécrire son script.

Pas sot n’est-ce pas? Cet ouvrage est, in fine, une pépite à la fois pour les wannabe scénaristes et pour les jeunes cinéastes. Je vous le recommande, plutôt deux fois qu’une. 😉

Copyright©Nathalie Lenoir 2015



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