De célèbres auteurs et leurs manies, volume 2

WriterAtWork

Les auteurs célèbres ont-ils des manies d’écriture? La réponse est oui, et pas qu’un peu! Là où certaines personnes, psychiatres et belles-mères en tête, y verraient des signes évidents de névrose, je suis pour ma part persuadée que ces habitudes améliorent la productivité. Je ne sais pas si vous partagez cette conviction, amis lecteurs, mais puisque le premier volume de ce petit tour d’horizon vous avez amusés, je persiste et signe. Voici donc les rituels d’écriture de quelques illustres scénaristes et romanciers. C’est pas pour balancer mais il y a du lourd!

N’en déplaise aux belles-mères mauvaises langues, les auteurs sont des travailleurs forcenés et, ceci expliquant peut-être cela, ils exercent leur activité avec une rigueur qui frise la maniaquerie. Plutôt que de jouer les psychanalystes de bazar, je préfère quant à moi découvrir le rapport qu’entretiennent mes éminents semblables avec l’écriture, mais aussi leurs petits rituels d’écriture.

Après vous en avoir présenté une sélection pour le moins insolite il y a deux semaines, je vous propose de découvrir de nouvelles routines d’écriture associées à des plumes célèbres:

Emmanuel Kant débutait sa journée avec deux tasses de thé « léger » et une pipe car fumer lui permettait semble t-il de mieux méditer. Il consacrait quatre heures à ses lectures, puis se mettait à écrire à 11 heures. Après déjeuner il faisait une marche, voyait ses amis et ne se remettait au travail que le soir. Quelle feignasse ce Kant! 😉

Alexandre Dumas, dont je vous ai narré les lubies papetières la dernière fois, débutait chaque journée de travail en mangeant une pomme sous l’Arc de Triomphe. Forcément il devait y avoir beaucoup moins de circulation et de bruit à l’époque…

Stendhal avait besoin de lire quelques pages… du code civil avant de pouvoir se mettre à écrire!

Gertrude Stein trouvait l’inspiration dans sa voiture. Elle s’y installait, sur le parking, et écrivait ses poèmes sur des morceaux de papier.

Aldous Huxley prenait son petit-déjeuner avec son épouse avant de s’enfermer toute la matinée pour écrire. Puis il déjeunait et partait en promenade, toujours en compagnie de sa chère et tendre, et revenait travailler de 17 à 19 heures. Après le dîner, son épouse lui faisait la lecture (il avait de gros problèmes de vue). C’est aussi elle qui tapait tous ses manuscrits.

Franz Kafka exerçait « un vrai travail » dans une compagnie d’assurance de 8h30 à 14h30. Ensuite il déjeunait et faisait une sieste jusqu’à… 19h30! Après le dîner familial, il se mettait à écrire vers 23 heures jusqu’à deux heures du matin, et parfois un peu plus tard.

Simone de Beauvoir s’ennuyait si elle ne travaillait pas quotidiennement, à l’exception des périodes où elle voyageait. Elle prenait un thé et se mettait au travail vers 10 heures. Après déjeuner, elle voyait ses amies puis elle retournait travailler, dans l’appartement de Sartre, entre 17 et 21 heures.

Jean-Paul Sartre préférait quant à lui le café au thé. Il se levait cependant plus tôt, consacrait ses matinées à la lecture et au cours qu’il dispensait. Il travaillait après déjeuner à l’écriture de ses ouvrages et de son courrier.

John Cheever portait son unique costume chaque jour pour se rendre à son bureau, qui se trouvait au sous-sol de son immeuble. Une fois sur place, il retirait le costume, le disposait soigneusement sur un cintre et travaillait en sous-vêtements. Il se rhabillait pour monter déjeuner, puis réitérait le rituel en début d’après-midi.

Ingmar Bergman avait besoin d’un calme absolu pour travailler et toutes ses journées répondaient à un planning rigoureusement minuté. La légende raconte qu’il faisait le guet devant les salles de répétitions de ses pièces une demi-heure avant le début de la séance afin d’empêcher que les acteurs se mettent à papoter et le déconcentrent.

Stephen King est pétri de rituels, je vous en ai déjà présenté certains. Saviez-vous qu’il débute toujours sa journée de travail entre huit heures et huit heures trente? Il prend un thé et des vitamines et a besoin que tout sur son bureau soit rangé dans un certain ordre pour pouvoir écrire. Selon lui cette organisation envoie à son inspiration un signal de mise en route.

John Grisham était avocat lorsqu’il a commencé à écrire. Il se levait aux aurores, sautait sous la douche, puis filait à son bureau, qui se trouvait juste à côté de chez lui. Il se préparait une tasse de café, se munissait d’un calepin à feuilles jaunes et vers 5h30, s’attaquait à son défi quotidien: écrire une page de roman avant de se consacrer à son autre métier.

Haruki Murakami débute sa journée d’écriture à quatre heures du matin. Il travaille pendant cinq ou six heures consécutives, puis va courir ou nager (parfois les deux) en fin de matinée. Il explique que l’écriture requiert une force à la fois physique et mentale, comme un sport de haut niveau. Il passe l’après-midi à lire et écouter de la musique et se couche vers 21h. Carrément spartiate!

Avouez qu’après ça on se sent très rassuré quant à son propre équilibre mental, non? ;-)

Copyright©Nathalie Lenoir 2014



Follow Nathalie_Lenoir on Twitter