Ecrire un scénario à partir de fiches (ou index cards)

index cards

Si sur notre sol l’écriture de scénario a un aspect un peu « bohème », chaque auteur développant sa propre méthode (on non méthode) de travail au gré de ses expériences, les choses sont beaucoup plus normalisées chez nos confrères américains, sans doute parce que le parcours pour devenir scénariste est plus balisé outre-Atlantique.

Vous avez certainement déjà entendu parler, ne serait-ce que dans ces colonnes, du fameux writers’ board (tableau d’écriture), mais aussi des non moins mythiques index cards dont la plupart des scénaristes américains raffolent.

Voyons ensemble en quoi elles consistent…

Autant vous le dire tout de suite: les index cards sont au scénariste américain ce qu’est un ordinateur portable pour un geek, à savoir une véritable extension de sa personne.

Beaucoup de nos confrères hollywoodiens, en bons élèves qu’ils sont, utilisent ces fameuses fiches en bristol (ou post-it) au moment où ils construisent la structure d’un script. Ils créent une fiche pour chaque scène, ou tout du moins moment clé de l’intrigue, sur laquelle ils résument en une ou deux phrases action, enjeux, personnages présents…



Certains les choisissent de diverses couleurs afin de classer les scènes selon leur finalité (exposition, émotion, action, atmosphère, intrigue principale ou secondaire…)



Une fois qu’ils ont écrit toutes les fiches, ils les disposent au sol, sur une table ou un tableau d’écriture afin d’avoir toute l’intrigue sous les yeux. Ils peuvent ainsi intervertir les fiches afin d’essayer plusieurs enchaînements possibles, pour déterminer la meilleure structure narrative possible. Cette méthode est tellement courante que de nombreux logiciels d’écriture et applications pour smartphones ou tablettes numériques permettent de reproduire ce système.

Index cards sur Celtx

Cette méthode permet effectivement d’avoir une vision synthétique du récit, de pointer des lacunes concernant un personnage ou une intrigue, des incohérences narratives, des redondances, des faiblesses de rythme…

Parmi les célèbres scénaristes qui vantent les mérites des index cards, on trouve notamment John August, Ted Elliot, Aaron Sorkin, feu Blake Snyder, qui a exposé la méthode dans son ouvrage Save the cat, mais aussi l’immense romancier Vladimir Nabokov.

Si vous souhaitez voir des index cards en action, je vous invite à (re)lire l’article que j’ai dédié à la méthode d’écriture de Dustin Lance Black. 🙂

Références :

Copyright©Nathalie Lenoir 2014



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