Les 10 techniques qui aident à vendre un scénario selon John Truby

Truby12

Auteur du best-seller The anatomy of Story, John Truby professe sa méthode d’écriture worldwide via deux séminaires, dont l’un est dédié aux films de genre. Il dévoile sur l’excellent site Raindance dix techniques selon lui infaillibles pour augmenter ses chances de vendre un scénario. Si ses propos sont à prendre avec une once de recul, les marchés français et hollywoodien n’ayant pas grand chose à voir, sa théorie mérite une fois de plus réflexion…

Dès qu’il est question des grands gourous du scénario, dont John Truby, certains auteurs, débutants comme confirmés, se cabrent, arguant (avec justesse) que ces théoriciens de la dramaturgie, peinent en général à vendre leurs propres scénarios.

S’ils ne sont pas devenus des auteurs bankables, ils sont loin de ne dire que des sottises car en tant que script-doctors, ils côtoient des scénaristes à succès, des producteurs influents, bref ils connaissent très bien le marché…

Outre son ouvrage à succès The anatomy of story, basé de façon métaphorique sur l’anatomie humaine afin d’expliquer comment les différents éléments dramaturgies s’assemblent et fonctionnent en symbiose, John Truby est devenu au fil des ans un grand spécialiste es genres. Ils sont selon lui la clé magique pour expliquer le succès de certains films hollywoodiens, comme il le professait encore récemment dans les colonnes de Raindance

Voici les dix techniques d’écriture qui selon lui permettent de doper l’intérêt commercial d’un spec-script:

1. Connaitre parfaitement les mécanismes des genres cinématographiques les plus populaires: action, comédie, crime, policier, horreur, heroic fantasy, film d’amour, mythe, science fiction et thriller. Auteurs français, n’oubliez pas que peu de ces genres ont le vent en poupe sur notre sol… 😉

2. Combiner deux ou trois genres dans son scénario. Là encore, attention: si Hollywood raffole de ce genre d’équations elles sont plus qu’hasardeuses dans l’Hexagone où il faudra user de ficelles plus fines… ^^

3. Associer le genre adéquat à l’idée de départ. Il y a effectivement de gros soucis de prémisse dans la plupart des scénarios. Ce n’est pas parce qu’on adore le thriller qu’il s’applique à toutes les histoires comprenant une part de mystère par exemple. Ce qui renvoie au conseil numéro un, et ne pensez surtout pas « sortir du lot » en réinterprétant les codes de tel ou tel genre à votre sauce, ce serait cruellement manquer d’humilité et dynamiter vos chances…

4. Ajouter une dimension mythique à son histoire (quand elle s’y prête hein ^^), cela la rendra plus universelle. Ce n’est pas tonton Campbell qui dirait le contraire…

5. Combiner cette dimension mythique avec un ou deux genres supplémentaires, cela permet, selon John Truby, de moderniser le mythe. Attention toutefois au gros gaufrage… 😉

6. Ceci expliquant cela, privilégier l’un des genres par rapport aux autres, et ce sont les codes de ce genre principal qui primeront dans la structure et la narration.

7. Dans le cas d’un film indépendant, choisir entre film d’horreur, thriller ou romance. Le circuit indépendant n’existant pas en France, évitez si possible le film d’horreur et le thriller, privilégiez la comédie, hem…

8. Respecter tous les codes du genre principal. Sinon le public se sentira trahi.

9. Transcender le genre, car respecter ses codes ne veut pas dire s’y conformer sans aucune originalité, bien au contraire.

10. Etre honnête avec soi-même et se cantonner aux genres que l’on maitrise. Sage conseil en effet! Lorsqu’on débute une carrière de scénariste on croit naïvement « qu’un bon auteur peut (et doit) écrire tous les genres/styles d’histoire » et c’est totalement faux. Ce qui fait le talent, l’intérêt, la cote d’un scénariste, c’est sa patte unique. S’il est judicieux de se frotter à divers types d’histoires pour la trouver, une fois qu’un auteur a défini « sa voix » (non pas sa voie, encore que), il a a tout intérêt à la ciseler plutôt que d’essayer de manger à tous les râteliers. Vous imaginez Aaron Sorkin écrire une comédie à la Judd Apatow, ou Apatow signer un film dans la veine de The Social Network? Non, et cela ne donne que plus de valeur à chacun de ces deux auteurs. 🙂

Copyright©Nathalie Lenoir 2014



Follow Nathalie_Lenoir on Twitter