Extrait d’une passionnante interview fleuve d’Alexandre Astier par Julia Lagrée, dans les colonnes de l’incontournable Daily Mars: 

Comment on fait pour créer une série à son image quand on ne s’appelle pas Astier à la TV française ? On a l’impression que vous et votre demi-frère, vous incarnez ceux qui réussissent à imposer leur vision mais que les autres scénaristes ont beaucoup de mal à affirmer leur propre vue sans être influencés d’une manière ou d’une autre. Comment on fait pour que les scénaristes soient reconnus pour leur propre rôle ?

Déjà il faut rentrer dans le bureau d’un diffuseur en étant prêt à ce que ça ne le fasse pas. Il faut être prêt à dire non, tu me fais chier, on ne le fait pas. Faut pouvoir, déjà, faire ça et il faut avoir une paternité orgueilleuse vis-à-vis de son œuvre, à tel point qu’on refuse qu’elle soit touchée. Moi la mienne est maladive, si on tripote ce que je fais, ça me rend malade. Donc on ne le fait pas. On peut vraiment discuter avec des diffuseurs, on peut vraiment dire non. Et parfois même, ça rassure un diffuseur. Il se dit qu’il n’est pas en face d’un type qui dit toujours : « bon ok, je vais faire ça ». Non c’est non. Pas méchamment, enfin pas tout de suite. À un moment, comme je vous disais, il y a des choses qui ne sont pas formulables et il faut que les diffuseurs – certains le comprennent très bien -, acceptent qu’il y ait des choses qui n’ont pas de raison d’être à l’énoncé. S’ils sont là, c’est qu’ils ne sont pas là pour rien… Dans cette série dont vous parlez, il n’y a pas qu’un type ? Il n’ y a pas UN auteur ?