Dans le bureau d’Ernest Hemingway

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Rien ne nous en apprend plus sur un auteur que d’examiner le lieu où il travaille. Si quelques scénaristes se vantent de pouvoir écrire n’importe où, la plupart d’entre eux ont besoin de se réfugier dans un lieu dédié. C’est dans ce sanctuaire qu’ils passent de longues heures solitaires à créer leurs histoires, coupés du reste du monde…

Je vous propose aujourd’hui de nous faufiler dans celui de l’immense romancier Ernest Hemingway.

Né en 1899, écrivain et journaliste, Ernest Hemingway compte parmi les plus grands auteurs du 20ème siècle. Son style franc et épuré a considérablement influencé l’art du roman et sa personnalité bigger than life a fait de lui une véritable icone. Auteur d’articles, de romans, nouvelles et poèmes, il fut certes moins prolixe que certains de ses contemporains mais il a produit maints chefs d’oeuvres, à l’instar de A Farewell to Arms, adapté pour le théâtre, la radio et le cinéma à deux reprises, For Whom the Bell Tolls, lui aussi adapté pour le grand écran ou encore The Old Man and the Sea, lauréat du prix Pulitzer en 1953. Il fut couronné l’année suivante du Prix Nobel de Littérature.

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S’il connut le succès littéraire et croqua la vie à belles dents, Ernest Hemingway avait une face beaucoup plus sombre. Très marqué par son expérience de correspondant de guerre (1ère et 2nde Guerres Mondiales et Guerre d’Espagne), grand voyageur, marié à quatre reprises, il mena une vie d’excès qui eurent raison de sa santé, morale comme physique. Rongé par la maladie et l’alcool, il mit fin à ses jours le 2 juillet 1961. Sept de ses oeuvres seront publiées à titre posthume.

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Sa demeure de Key West, en Floride, est devenue un musée, le Hemingway Home & Museum. On peut y découvrir avec émotion son bureau, qui semble attendre le retour de l’auteur.

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Lorsqu’on lui demandait des conseils d’écriture, Ernest Hemingway énonçait ces règles:

  • Ecrire des phrases courtes.
  • Ecrire des premiers paragraphes brefs.
  • Employer un langage vigoureux.
  • Utiliser des termes positifs (exemple: « laid » plutôt que « peu esthétique »).
  • Ecrire de préférence le matin.
  • S’arrêter avant d’être créativement épuisé, c’est à dire interrompre sa journée de travail avec encore quelques idées en tête, de manière à ce qu’elles murissent d’ici la prochaine séance d’écriture.

Le rythme du romancier était de 400-600 mots quotidiens. Lorsqu’il terminait une séance d’écriture, il s’interdisait d’en parler ou même d’y penser pendant le reste de la journée, de manière à laisser son inconscient recharger les batteries. Il aimait particulièrement partir chasser ou pêcher une fois la porte de son bureau close.

En 1934, il confiait à son grand ami F. Scott Fitzgerald:

“I write one page of masterpiece to ninety-one pages of shit. I try to put the shit in the wastebasket. »

Parmi ses petites manies d’écriture, il avait pour coutume d’écrire… debout! Il s’était d’ailleurs installé un bureau à cet effet:

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Je vous propose de regarder ce très beau documentaire pour achever la visite:

Rendez-vous dans quinze jours pour visiter un nouveau bureau d’auteur…

 

Copyright©Nathalie Lenoir 2013

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