Scénario-Buzz

L'écriture entre les lignes

Dans le bureau d’Elizabeth Verry

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Rien ne nous en apprend plus sur un auteur que d’examiner le lieu où il travaille. Si quelques scénaristes se vantent de pouvoir écrire n’importe où, la plupart d’entre eux ont besoin de se réfugier dans un lieu dédié. C’est dans ce sanctuaire qu’ils passent de longues heures solitaires à créer leurs histoires, coupés du reste du monde. Je vous propose de découvrir, à travers cette nouvelle rubrique, les bureaux de quelques scénaristes français(e), mais aussi leurs méthodes, leurs routines d’écriture…

Pour cette nouvelle édition, c’est ma consoeur Elizabeth Verry qui nous ouvre la porte de son bureau…

Elizabeth Verry est scénariste pour la télévision et le cinéma depuis une vingtaine d’années. Elle a notamment signé des épisodes pour les séries Seconde B ou Docteur Sylvestre et elle intervient en tant que consultante sur des scénarios de long-métrage. Elle anime régulièrement des formations à l’écriture de scénario à l’Institut International de l’Image et du Son et pour le programme Euromed. Elle a présidé de 2003 à 2005 la FSE, Fédération des Scénaristes d’Europe, a organisé les premières Rencontres Internationales des Scénaristes Européens à Strasbourg en 2004 et les marchés du scénario européen à Strasbourg (2004) et au festival de Cannes (mai 2005).

Depuis combien de temps travaillez-vous comme scénariste ?

Mon premier contrat a été signé en 1989 pour une série télévisée. Je m’entraînais au scénario depuis quelques années, avec des projets en spéculation, dont un long métrage, commencé dans un atelier d’écriture de scénario (c’était difficile à trouver à l’époque en France, en 1989). Ces projets n’ont jamais été réalisés, mais ils m’ont servi de « carte de visite ».

Travaillez-vous dans un coin de votre habitation ou dans une pièce dédiée ?

J’ai un bureau dans mon appartement.

 

Pouvez-vous décrire ce bureau ?

12 mètres carrés, une fenêtre sur cour. Un bureau encombré et pas très bien rangé. J’ai besoin d’un minimum de fouillis pour travailler, la matière créative ne peut s’étiqueter ni se ranger sur des étagères. C’est un défi de partir de ce maelström pour aboutir à un scénario bien ordonné et structuré…

Je suis malgré tout complexée de voir les photos des autres bureaux. Je me rassure en me disant qu’ils ont du ranger exprès avant de prendre la photo !

Avez-vous choisi un espace neutre ou êtes-vous au contraire entourée d’objets et souvenirs ?

Chaque scénario abandonné est un souvenir. Il y a énormément de livres, de DVD, de VHS, (que je n’ai pu me résoudre à jeter ;  la conservation des fichiers numériques n’est pas encore prouvée à ce jour)  quelques photos et objets porte-bonheur, et une impressionnante « soupe de nouilles » de fils électriques…

 

Etes-vous capable de travailler hors de cette « tanière » ?

Bien sûr, et avec plaisir. J’oublie très vite l’extérieur lorsque je travaille. Par contre, je travaille difficilement à l’air libre, surtout si c’est dans une belle nature ensoleillée, avec mille sujets de distraction. J’ai besoin d’une cellule, de murs qui m’enferment et dont je ne peux m’évader que par l’esprit.

Travaillez-vous parfois dans des lieux publics ?

S’il le faut. Dans un train par exemple. Dans des cafés, je préfère ne pas. Mon attention serait distraite par toutes les personnes qui m’entourent. Je m’étonne toujours de ceux qui adorent travailler dans des lieux bruyants, tels les (regrettés) Kerouac et autres Jean Giraud, alias Moebius…

Etes-vous satisfaite de votre bureau et/ou l’organisation de vos journées de travail. Si la réponse est non, qu’aimeriez-vous pouvoir changer?

Je travaille actuellement face à la fenêtre et j’ai décidé de faire l’inverse, de m’installer dos à la lumière (à cause de l’ordinateur). Il y a longtemps que j’aurais du le faire. Je suis sûre que cela va changer beaucoup de choses. Et sinon je dois ranger… un jour !

Préférez-vous travailler seule ou avec un co-auteur ?

Tout dépend du genre de sujet. En fait, on travaille toujours avec quelqu’un, un réalisateur, un producteur, un acteur… Le scénario est une œuvre collective, comme le film, qui sied mal aux solitaires.

Pour la télévision, c’est plus confortable et plus rapide à deux. Mais il vaut cent fois mieux être seul qu’avec un coauteur avec qui ça ne fonctionne pas. J’ai eu un co-auteur avec qui j’ai très bien travaillé, mais nous nous sommes perdus de vue. Nous étions très différents à tous points de vue, ce qui créait une richesse et complémentarité dans le travail. Je regrette que toutes ces différences, au final, aient fait voler en éclats notre association.

Etes-vous plutôt Mac ou PC ?

Mac depuis toujours. Mais je n’ai vraiment retenu le nom de Steve Jobs et connu sa vie, que lorsqu’il est mort.

Utilisez-vous un logiciel d’écriture ? Si oui lequel ?

Je travaille sous Word depuis toujours. Je le trouve très complet et ne l’utilise certainement qu’à 10% de ses possibilités. Je ne vois pas bien l’intérêt de ces logiciels. Il m’est arrivé que pour une série d’animation, le directeur d’écriture demande à ce que nous travaillions sous un logiciel qui s’appelait scriptthing (il n’existe plus aujourd’hui) parce que les dialogues devaient être numérotés et que nous n’avions droit qu’à 180 répliques par épisode (26 minutes). En fait, je n’ai jamais acheté le logiciel, je vérifiais le nombre de mes dialogues avant de les envoyer et c’est le scénariste directeur d’écriture qui les formatait avec son logiciel (il était très compréhensif).J’avais toujours trop de dialogues, mais je préférais les supprimer en relisant l’ensemble, plutôt que de me restreindre en cours d’écriture. Je me sers quelquefois de Celtx (gratuit) lorsque les personnes avec qui je travaille l’utilisent. Et je lis beaucoup de scénarios en Final Draft, qui a surtout un intérêt pour la production et le dépouillement, d’après ce que j’ai pu comprendre.

Travaillez-vous à horaires fixes ?

Non, puisque j’ai un bureau chez moi. J’aime travailler le matin et l’après-midi, en évitant le soir. Je travaille quand il le faut. Comme on ne peut prévoir le temps d’écriture à l’avance, il vaut toujours mieux s’y prendre le plus tôt possible.

Combien de temps de travail en moyenne par jour ?

8 heures environ. Parfois moins, parfois plus.

 

Jusqu’à combien de pages utiles pouvez-vous écrire par jour?

Tout dépend du sujet. Du temps disponible et de la date de remise. Je peux au maximum écrire 13 minutes « utiles » (scénario dialogué) par jour, s’il le faut, mais c’est très rapide. Je préfère disposer de plus de temps. Le bonheur est de ciseler un travail presque accompli, de découvrir des ouvertures ménagées par l’inconscient, qu’on n’avait pas soupçonnées au premier ou deuxième jet. L’important dans la création, c’est l’inconscient et la réceptivité, qui sont incontrôlables. La volonté ne sert qu’à la construction de votre histoire. Il ne faut pas oublier que le scénario est [aussi] une œuvre de création.

Avez-vous besoin de faire des pauses à heure fixe ?

A l’heure du déjeuner, à l’heure du thé.

Travaillez-vous dans le silence total ? En musique ?

Les deux. Plutôt dans le silence total. Parfois avec de la musique (toujours classique) si je dois accélérer le rythme, ou si j’ai un coup de fatigue.

Avez-vous un ou des compagnon(s) d’écriture à quatre pattes ?

J’ai toujours vécu avec des chats. Je n’imagine pas la vie sans eux. Je suis persuadée que parfois ils m’aident. On ne peut pas prouver le contraire, de toute façon. « D’où viennent les idées ? » … demandait David Lynch.

 

Vous coupez-vous du reste du monde ou restez-vous connectée à votre entourage (mail, téléphone, Twitter, Facebook…) ?

Je me coupe du monde, je ne réponds pas au téléphone.

Avez-vous des rituels d’écriture ?

Arroser mes plantes avant de m’y mettre. J’ai des balcons très fleuris.

Utilisez-vous une méthode particulière (tableau, fiches, cahier…) ?

La meilleure méthode est encore d’écrire quelque chose qui vous plait.

Je procède dans l’ordre : sujet, personnages, synopsis, séquencier, dialogues. Le travail du sujet est central pour moi et intervient lors de toutes les phases d’écriture. J’ai des fichiers fourre-tout où je note les idées quand elles me viennent, surtout lorsqu’elles ne concernent pas la partie sur laquelle je suis en train de travailler.

Comment trouvez-vous l’inspiration ? Musique, photos, films ?

Beaucoup dans l’actualité, dans l’Histoire, ou en regardant les autres. J’aime le genre historique, parce que le film devient une machine à remonter le temps. Comme c’est une fiction coûteuse, je ne peux pas souvent placer mes sujets préférés.

Avez-vous besoin de « carburants » (thé, café, tabac, nourriture…) ?

Le thé et encore un peu de tabac. La sieste, une bonne nuit de sommeil. Le sport et le cinéma.

A quel moment et dans quel lieu pratiquez-vous le mieux le brainstorming ?

N’importe où, n’importe quand. J’aime bien pendant la sieste ou pendant la nuit.

Prenez-vous beaucoup de notes ? Comment les organisez-vous (carnet, notes volantes, logiciel…) ?

Je passe par l’étape papier / crayon pour tout ce qui précède la rédaction du séquencier. Je note les idées un peu partout, sur des papiers, des carnets, des notes dans l’ordinateur… et j’oublie aussi de les regarder. C’est comme la liste des commissions, on la rédige et puis on l’oublie sur la table, mais on l’a dans la tête.

Etes-vous sujette à la procrastination ?

C’est une torture délicieuse. Une sorte de préliminaire qui a une durée ludique et éphémère.

Avez-vous déjà été frappé(e) par le writer’s block ? Si oui, quelle est votre recette pour en sortir ?

Cela provient surtout d’un intervenant extérieur avec qui vous travaillez et qui n’a pas compris votre démarche. En ce cas, je pense à l’intervenant en positivant mais ce n’est pas toujours facile. Sinon, une bonne nuit de sommeil arrange tout ça. Ou une promenade, ou un bon film. Il faut faire le vide, penser à autre chose et repartir tout neuf, d’un bon pied et le cerveau agile.

Quand vous prenez des vacances, vous coupez-vous totalement de votre travail ?

Il y a toujours des idées qui trottent dans la tête, un projet abandonné ou idéal qui vous hante. Sinon c’est très facile d’être en vacances et de s’en couper.

Qu’aimez-vous faire quand vous ne travaillez pas?

Arriver à voir mes amis ou ma famille, si par chance ils ne travaillent pas. Lire, aller au cinéma, regarder et écouter le temps passer.

Avez-vous un ouvrage culte traitant de l’écriture ?

Aristote, La poétique. Et un texte de Pierre Bost à propos du sujet.

Qui est votre scénariste fétiche ?

Jean-Claude Carrière. Et également Paul Laverty, Jim Mc Allen, Clara et Mark Peploe, Billy Wilder, Robert Towne, Gérard Brach, Tonino Guerra. Comme il n’y a pas beaucoup de femmes, je vais citer Nina Companéez.

Tonino Guerra

 

Quelle est votre actu ?

Je n’ai travaillé que sur des sujets de commande et je voudrais pouvoir initier un projet. C’est un luxe qu’on ne peut pas toujours se permettre, mais je vais essayer de tenir le plus longtemps possible. J’ai en chantier plusieurs projets, un historique d’après une histoire vraie (un unitaire pour la télévision), un projet de série et une comédie pour le cinéma. Je travaille et retravaille alternativement de l’un à l’autre, en attendant les retours de lecture.

Ouvrage(s) cité(s) dans cet article:

Rendez-vous dans quinze jours pour visiter un nouveau bureau d’auteur…

Copyright©Nathalie Lenoir 2012



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Auteur : Nathalie Lenoir

Nathalie Lenoir est scénariste (cinéma/TV) membre de la Guilde Française des Scénaristes, blogueuse et écrivain. Elle a rédigé des articles pour de nombreux sites web et pour la presse papier, notamment les revues Synopsis, Ciné-Studies et La Gazette des Scénaristes.

5 Commentaires

  1. Très bonne interview! J’ai forcément été heureux de lire le nom de Pierre Bost ! Est-ce que ce serait possible d’avoir la référence du texte en question ? Merci beaucoup.

  2. Voici le texte, grâce à la générosité d’Elizabeth Verry que je remercie chaleureusement:

    Pierre BOST (1901/1975)

    : UN METIER DIFFICILE
    LE SUJET

    Quand je dis que notre métier est difficile, je ne veux pas parler de ces petites histoires, petits drames ou petites comédies qui se jouent derrière l’écran entre auteurs, metteurs en scène, producteurs, comédiens… Ces incidents ne regardent personne, et du reste, ils sont beaucoup moins graves qu’on ne le dit.
    Non. Les vraies difficultés, elles viennent, comme dans tout vrai métier, des rapports avec la matière, qui est ici le « sujet ». Et ces rapports sont exactement ceux d’une bagarre. Je vous assure, sans rire, que quand on dit : j’attaque un nouveau film, ça n’est pas une métaphore.
    Le « sujet » est une sorte de grand fauve qui mériterait une monographie approfondie. On ne le chasse pas sans peine.
    D’abord, il faut le découvrir, le « lever ». Les espèces de ce gibier sont très diverses. Il y a le sujet dit « original » ; il y a le roman ou la pièce à adapter ; il y a le sujet anecdote, le sujet situation, le sujet caractère, le sujet atmosphère, le sujet policier, le sujet historique. Il y a le sujet qui vous regarde venir d’un œil calme, celui qui s’échappe, celui qui affecte de ne pas vous voir, celui qui vient vers vous sans méfiance, celui qui s’avance sur vous, menaçant… Ils se déguisent, parce qu’eux aussi ils ont peur… Mais tous les sujets se ressemblent en ceci qu’ils sont coriaces, résistants, vicieux, sournois. Un sale gibier, quoi !
    Règle absolue, le sujet s’attaque et se prend à la main. Sans armes. A partir du moment de la rencontre, on va assister à quelque chose qui ressemble étonnamment à un combat de catch. On tourne d’abord autour du sujet, sans le toucher. On le regarde, on le renifle, on l’observe. Par où le prendre ? Quel est son point faible ? (C’est le point fort qu’il faut chercher.) A quoi résistera-t’-il ? Par où livrera-t’-il passage ? Cette période est celle d’une inquiétude qui peut aller jusqu’à l’angoisse. C’est celle où l’on rêve, la nuit, du sujet qu’on a rencontré, et qu’il faudra attaquer de nouveau le lendemain matin.
    Et puis on approche de plus près. On essaie une prise. Le sujet se dégage. On tourne encore un peu. Une autre prise. Elle a l’air de tenir. On appuie un peu. On force… Ça résiste, donc ça tient… C’est le moment où l’on commence à savoir où l’on va, quel film on va faire, et sur quel ton, et dans quelle forme. On se met au travail, la tête fume, on est content. La prise tient bon. Le sujet ne résiste presque plus, il cède, il plie, il va toucher des épaules. Encore un effort…
    …Et hop ! La prise cède, le sujet s’échappe, rebondit comme une balle, se remet debout, et c’est vous qui allez rouler à l’autre bout du tapis, avec quelques pauvres poils de scénario entre les doigts.
    C’est le mauvais moment du travail ; le moment où l’on s’aperçoit que le sujet est « plus difficile qu’il n’en avait l’air et qu’on a été trop optimiste : le moment du découragement, où l’on se dit : « Jamais aucun film ne m’a donné autant de mal », mais aussi le moment de lucidité où l’on s’avoue : « Décidément tous les sujets sont difficiles… »
    Je vous passe la suite du combat : vous l’imaginez sans peine. Et vous savez qu’en fin de compte l’auteur est toujours déclaré vainqueur. Pour être franc, ce n’est pas toujours vrai ; il y a des cas où le combat est nul, et d’autres où c’est le suet qui a été le plus fort… Mais dans ces cas-là, la coutume veut qu’on applaudisse quand même l’auteur, pour le courage qu’il a montré en attaquant un sujet si redoutable.
    Mais enfin, un moment vient toujours où l’auteur trouve la bonne prise : celle qui tient. Et alors il le sait, il le sent tout de suite. Les doutes disparaissent. On sait que ce sera long, difficile, qu’il y aura des soubresauts et ruades, mais il suffit de tenir bon, de suivre le mouvement, d’accompagner aussi bien son propre effort que les contre-efforts de l’adversaire… Le sujet finira par céder, il cède, il est vaincu. C’est gagné. Le plus dur est fait. Ouf !
    Et c’est là ce qui est extraordinaire dans ce métier. Car enfin ce combat que je vous raconte n’est pas celui d’un homme qui écrit un film, mais seulement qui le prépare. Cette première victoire, la plus difficile, elle n’aboutit pas encore à un film achevé, mais à ce premier état du travail qu’on appelle, selon les cas, la construction, ou le scénario, ou la continuité. On pourrait croire que ce n’est là qu’un premier travail, un plan, presque un projet. Et c’est vrai : il reste encore à donner vie à tout cela, à animer les personnages, à inventer les détails, à faire avancer la machine… Mais on sait que ce sera le film, où il ira, de quelle vie il vivra. Le sujet, vaincu, domestiqué, va devenir un allié. On joue avec lui. Et c’est le plus beau moment du travail. On se relève, on souffle. On est si content et si fatigué qu’on ne pense pas à être fier. Et on se repose quelques jours, presque aussi détendu que le jour où l’on aura tout fini. Je le répète : le plus dur est fait.
    … Et nous arrivons à cette découverte inattendue, que les auteurs de scénario sont tous des types dans le genre de Racine. « Ma tragédie est faite, disait-il. Je n’ai plus qu’à l’écrire. » Ainsi peuvent parler les auteurs de films.

    (Paru dans L’Ecran Français, N°77, 17 décembre 1946)

     

  3. Pingback : Un récap’ de tous les bureaux d’auteurs visités | Scénario-Buzz

  4. Très beau texte sur un sujet finalement peu abordé en dramaturgie (bcp moins que les personnages ou la structure, par exemple), et pourtant ô combien essentiel, vital: le sujet.

    Bravo et merci pour cette pépite.

    Ph.

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