
Je ne sais pas si c’est aussi votre cas, chers lecteurs, mais depuis que je suis scénariste, je constate chaque mois de novembre une vague de morosité aiguë chez mes consoeurs et confrères. Je me suis penchée sur le pourquoi de cette épidémie redoutable. Je ne crois pas que la chute des températures ou la baisse de luminosité soit le véritable déclencheur de cette sinistrose. Non, selon moi lorsque novembre pointe le bout de son vilain nez, l’auteur réalise que l’année est sur le point de s’achever et il commence à dresser un bilan artistico-financier pas forcément reluisant si vous voyez ce que je veux dire…
Ce n’est pas toujours facile à entendre mais le métier d’auteur ne consiste pas seulement à écrire des histoires, il faut aussi les vendre. Je vous propose donc de débuter la semaine de façon musclée avec une séance de coaching vidéo à l’américaine certes un poil hystérique mais qui à le mérite de nous faire cogiter…
Qu’il souhaite travailler pour le petit ou grand écran ne change rien à l’affaire : avant d’être engagé pour écrire un scénario, ou afin de vendre un spec-script, un auteur doit prouver que son projet est rentable. Et, pour cela, en France comme ailleurs, il va devoir pitcher son sujet. C’est là en général que les ennuis commencent…
Si l’on écarte la difficulté de prendre la parole en public, aussi restreint soit-il (lorsqu’on débute un producteur est aussi intimidant qu’une salle pleine), encore faut-il enfiler un costume de VRP plus qu’inconfortable aux artistes que nous sommes. Les séances de pitch sont certes bien plus informelles en France qu’outre-Atlantique mais les enjeux sont bien les mêmes: vendre une histoire.
Il existe de plus en plus de formations au pitch sur notre sol mais elles ne sont pas accessibles à tous les jeunes scénaristes. Si j’ai un bon conseil à vous donner, jeunes Padawans, c’est de vous entraîner, et pas qu’un peu, car lorsque surviendra le rendez-vous tant espéré, le stress et quelques perturbations d’ordre cosmique risquent de vous faire perdre tous vos moyens.
Je vous propose de visionner deux vidéos très intéressantes. Ne vous laissez pas déstabiliser par le marketing agressif très américain de l’orateur, son assistance avait certainement payé très cher pour assister à cette master-class, n’empêche que ses propos ne sont pas dénués de sens. Ils ont le mérite de nous faire réfléchir à un aspect beaucoup trop tabou en France: la valeur marchande d’un scénario. Un auteur qui complexe à l’idée de parler argent avec un producteur tend la corde pour se faire pendre…
Agent ou pas agent, c’est au scénariste de convaincre le producteur et/ou diffuseur du potentiel économique de son histoire et cela n’a rien d’inné…
PS: une bonne fessée à celui ou celle qui râlera parce que ces vidéos sont en anglais. Si vous connaissez des ressources francophones similaires, n’hésitez pas à les faire tourner…
Copyright©Nathalie Lenoir 2012

21 novembre 2011 à 10 h 44 min
On décrit généralement Novembre comme le mois des ténèbres et de la tristesse mais je partage ton avis.
)
Faire un bilan artistico-financier de l’année pour un scénariste, c’est pas tellement réjouissant…
On s’enveloppe dans le linceul financier et on ajoute les pelletées de depreciation sur notre travail. Ou comment s’enterrer vivant ! ( Ca m’arrive à moi
En tout cas merci pour ces vidéos instructives! ( et pour ton blog entier au passage !)
21 novembre 2011 à 10 h 46 min
Thanks Jude!
22 novembre 2011 à 9 h 43 min
J’ai résolu le problème du bilan en le déplaçant vers des jours meilleurs. Je fonctionne à l’année scolaire. Peut-être que le soleil et la perspective de vacances aident à faire passer la pilule du « bon sang, j’ai pas assez écrit, vendu… je suis pas assez sortie de ma tanière … Mais l’année prochaine, ça va faire mal, je vous le dis ». Bon on est déjà fin novembre et « bon sang…. ».
Allez au boulot.
22 novembre 2011 à 9 h 46 min
@ Stéphanie: C’est marrant parce moi c’est tout le contraire, le découpage en année scolaire me fait aussitôt raisonner en terme de vacances scolaires et donc de temps de travail saboté, voire perdu. Oh punaise scénariste ET mère indigne, pffff
22 novembre 2011 à 22 h 13 min
Oh bas non ! C’est en anglais !!! Pfffffff
Juste besoin d’une bonne fessée pour me mettre au boulot ce matin !
Merci et bonne journée
; )
23 novembre 2011 à 17 h 22 min
Novembre, c’est aussi la fin de l’année pour ceux qui regardent les projets. Du coup, j’ai l’impression qu’ils écoulent leur stock en attente pour partir l’année suivante sur une bonne résolution…
Ce novembre, c’est un peu le mois « un refus par jour » chez moi
23 novembre 2011 à 18 h 11 min
Courage Olivier, je suis persuadée que 2012 sera un bien meilleur cru!
24 novembre 2011 à 1 h 46 min
J’en suis à deux années sur les dix annoncées de galère et de travail acharné pour devenir scénariste. Je lis attentivement ton blog et j’écoute même les vidéos en anglais en maudissant d’avoir autant de mal à comprendre cette langue.
Je regarde chaque conseil et je me dis que je peux y arriver :
- Travailler 60 heures par semaine : Pas de blème
- Accepter la critique : Pas de blème
- Rien dire à mon entourage : Quel bon conseil
- Faire preuve d’abnégation et admettre le travail sur commande : Bien sûr
- Ne pas manger de bonbons : Euh ? D’accord !
- Réécrire et devoir aimer ça : J’aime le pamplemousse les jours de gingivite
Mais devenir un animal social… Pffff… Ca me terrasse ce truc, ça me met en panique et détruit tous mes espoirs… Pourtant, va falloir que je me soigne !
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24 novembre 2011 à 9 h 03 min
Alors ça Olivier c’est effectivement le gros soucis de maints scénaristes, et je fais partie du lot! Cela dit il faut se faire un peu violence sous peine de rester coincé dans sa grotte…
1 mai 2012 à 12 h 59 min
Apparemment, il faut être TRES patient pour espérer réussir dans ce milieu…