Dans le bureau de Philip Pullman

Rien ne nous en apprend plus sur un auteur que d’examiner le lieu où il travaille. Si quelques scénaristes se vantent de pouvoir écrire n’importe où, la plupart d’entre eux ont besoin de se réfugier dans un lieu dédié. C’est dans ce sanctuaire qu’ils passent de longues heures solitaires à créer leurs histoires, coupés du reste du monde…

Puisque les confrères et consoeurs qui ont accepté de nous ouvrir les portes de leurs bureaux tardent à rendre leurs copies, je vous propose de nous faufiler dans celui du célèbre romancier britannique Philip Pullman.

Né en Angleterre en 1946, Philip Pullman a grandi en Australie, puis en Afrique, avant de revenir étudier à l’Université d’Oxford, où il enseigne désormais. Il débute sa carrière littéraire au début des années soixante-dix, publiant des ouvrages avec une grande régularité, mais ce n’est qu’à l’aube des années quatre-vint-dix qu’il accède à la notoriété grâce à sa trilogie fantastique His Dark Materials, dont le premier tome a été adapté au cinéma par Chris Weitz sous le titre The Golden Compass en 2007. Sa biographie fictionnelle de Jésus, The Good Man Jesus and the Scoundrel Christ a eu elle aussi un très large succès et le Times a sacré Philip Pullman l’un des cinquante plus grands auteurs britanniques depuis 1945. Plusieurs de ses oeuvres ont été adaptées pour le petit écran en Angleterre.


 

Le romancier s’est confié sur sa routine d’écriture dans diverses interviewes. On sait notamment qu’il écrit à la main, sur du papier format A4, après son petit-déjeuner, qu’il fait une pause en cours de matinée pour boire un café et lire son courrier, puis qu’il travaille jusqu’à l’heure du déjeuner. Il regarde son feuilleton télévisé favori, Neighbours (j’ignore s’il est toujours diffusé en Angleterre), part se promener avec son chien, et ne regagne son bureau que dans la soirée. Il se fixe trois pages, soit environ mille cent mots, comme tâche quotidienne. Il passe ses dimanches à répondre au courrier de ses admirateurs. Il se disait allergique aux règles et conseils d’écriture, n’empêche qu’en cherchant bien…

« If you can’t think of what to write, tough luck; write anyway. If you can think of lots more when you’ve finished the three pages, don’t write it; it’ll be that much easier to get going next day. »


Philip Pullman ne peut travailler que dans le plus grand silence et traite de menteurs les auteurs prétendant écrire en musique. Parmi ses petites manies et superstitions, il avoue ne jamais ranger son bureau lorsqu’il a un ouvrage en cours de rédaction. Son bureau est une table en bois recouverte d’un kilim et il possède une chaise orthopédique, très onéreuse selon ses dires, afin d’éviter les lombalgies. Par le passé, il a travaillé dans une cabane au fond de son jardin mais elle est devenue trop exiguë pour ses nombreux livres et manuscrits, aussi a t-il profité d’un déménagement pour en faire cadeau à son ami illustrateur Ted Dewan, à la condition expresse que ce dernier la retape et promette de la transmettre à un autre auteur le jour où il s’en lasserait. Jolie anecdote, non?


 

Voici quelques ressources au sujet du romancier:

Je vous laisse en compagnie du grand romancier pour une masterclass datant de 2010, un pur concentré de sagesse:


 

Rendez-vous dans quinze jours pour visiter un nouveau bureau d’auteur…

Copyright©Nathalie Lenoir 2012

Follow Nathalie_Lenoir on Twitter

2 réflexions sur “ Dans le bureau de Philip Pullman ”

Les commentaires sont fermés