Coup de coeur pour Zoo de Frank & Philippe Bonifay

Les plus BDphiles d’entre vous connaissent peut-être déjà l’oeuvre du dessinateur Franck et du scénariste Philippe Bonifay, récemment rééditée sous forme d’intégrale? Je dois dire que si la découverte fut bien tardive en ce qui me concerne, elle constitue l’une des belles surprises de ce début d’année.

Non seulement les illustrations sont magnifiques mais la narration insolite m’a intriguée et séduite, un cas à étudier pour tous ceux d’entre vous qui souhaitent prêter leur plume au domaine de la bande-dessinée…

Parmi les ouvrages qui fleurissent dans ma boîte aux lettres, il y avait au début du mois, une magnifique édition numérotée (über gâtée je suis) de l’intégrale de Zoo, adressée par mon confrère scénariste Philippe Bonifay.

J’avoue que je ne connaissais pas cette oeuvre superbement illustrée par Franck, dont les trois tomes furent respectivement édités en 1994, 1999 et 2007 et dont l’intégrale est disponible depuis quelques mois. Je l’ai dévorée en un week-end et si j’ai été de prime abord désarçonnée par sa narration allégorique, je me suis très vite laissé séduire par l’atmosphère poétique et l’humanisme qui se dégagent du récit.

Il y est question du paradis perdu, symbolisé par un zoo normand qui tombe en décrépitude tandis qu’éclate la Grande Guerre. Les personnages incarnent chacun une métaphore de l’humain à divers stades d’évolution: on y croise le docteur Célestin, figure paternelle bienveillante et visionnaire qui tente coûte que coûte de préserver son Eden de la furie de ses contemporains, sa fille adoptive, Manon, une sauvageonne qu’un mental figé au stade de l’enfance préserve de la corruption, Hector, un artiste épris de la Nature et Anna, une gueule cassée qui a fui la folie des hommes et apprend à se reconstruire.

Copyright©Franck-Bonifay source: Bédéthèque.com


L’écriture allusive jongle habilement avec les ellipses, les rêves et flash-backs pour nous livrer une vision très philosophique de l’Histoire récente. On y frôle les spectres de Rousseau ou d’Épicure, bercé par la poésie sensuelle des dessins, qui fait parfois place à une violence crue et désespérée, du grand art!

Je vous recommande vivement la visite de ce Zoo captivant. Il offre une passionnante réflexion aux scénaristes désireux d’écrire des BD à leur tour puisque le récit explore des pistes narratives pour le moins inhabituelles sans pour autant perdre l’attention du lecteur.

Un grand merci à Philippe Bonifay (qui devrait prochainement nous ouvrir les portes de son bureau mais chuuuut) pour cette envoûtante découverte!

Copyright©Nathalie Lenoir 2012

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