Depuis que j’ai publié dans ces colonnes des clichés de mon bureau, il fait salle comble si j’ose dire mais je dois bien vous l’avouer, j’avais consciencieusement zappé de cette visite guidée pas mal de preuves compromettantes, si vous voyez ce que je veux dire. Non content de passer une dizaine d’heures quotidiennes enfermé(e) dans son antre le/la scénariste est un animal aux us et coutumes pour le moins… étranges. Au risque de perdre toute respectabilité à vos yeux, en voici une petite illustration, sic!
A quoi reconnait-on un(e) scénariste amis lecteurs? A bien des tics et des TOC à vrai dire, mais aussi à pas mal de névroses. Non parce que c’est bien beau de vous faire visiter mon bureau, soigneusement rangé pour l’occasion, mais il y a plein d’aspects de ma routine d’écriture que je n’ai pas encore évoqués et qu’on pourrait classer dans une rubrique « hall of shame » tant elles frisent le ridicule aux yeux du profane (mon conjoint, ma fille, mes chats, mes potes…).
A l’instar de tous mes consoeurs et confrères, je prends des notes. Tout le temps et PARTOUT. Je me relève la nuit de peur d’oublier la brillante idée qui vient de m’assaillir à l’improviste, je prends des notes dans le train ou le métro, en voiture (pas que je conduis, hein), quand je suis au téléphone, devant la télé, voire dans ma salle de bain, en faisant mes courses, dans la salle d’attente du toubib, au beau milieu d’une soirée, c’en devient pathologique.
Il existe bien entendu des outils modernes pour synchroniser toutes ces bribes d’idées, j’utilise d’ailleurs Evernote sur mon BlackBerry, seulement voilà, toute geekette que je sois, je préfère brainstormer à la main et comme je suis un auteur multi-supports, forcément ça fait beaucoup de carnets que je trimbale dans mes déplacements mais aussi de pièce en pièce, sous l’oeil goguenard de mes proches.
Voici une partie de mes carnets de notes, introducing, de gauche à droite et du fond vers l’avant:
- le carnet dans lequel je note toutes mes idées d’intrigues (romans & scénarios)
- un carnet pour noter des citations et extraits d’ouvrages inspirants
- un carnet « en rab » (on ne sait jamais)
- un carnet à planning (j’ai abandonné mon agenda papier au profit de mon BlackBerry… pour me rendre compte que j’aimais lister certaines tâches à l’écrit, pfff)
- deux exemplaires de carnets de brainstorming multi-supports
- les deux carnets dans lequel j’écris mes poèmes avant de les recopier sur mon ordi
- mon carnet de notes de poche (enfin, de sac à main)
- mon carnet de notes à articles
- mon Moleskine sur lequel je rédige mon journal d’écriture (Kezaco? on en reparle prochainement)
Je tiens à préciser pour ma défense que certains auteurs ont des manies bien plus insolites encore, na!
Bon, maintenant qu’on s’est bien moqué de bibi, qui dans la salle aura le courage de révéler ses manies d’écriture honteuses via les commentaires de cet article?
Copyright©Nathalie Lenoir 2011
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2 novembre 2011 à 15 h 06 min
Manie d’écriture « honteuse » n°1 : mimer à voix haute les conversations de ses personnages (en faisant varier les voix) !
Aucun danger pour qu’on vous prenne pour un schizophrène ^^
2 novembre 2011 à 15 h 11 min
A ça c’est très chouette dans le genre! Je n’ai pas encore essayé…
2 novembre 2011 à 15 h 53 min
Nathalie,
Comment expliquer que ton blog me soit si cher malgré qu’il me mette régulièrement en colère !
Est-ce du à une trop grande ressemblance ? Moi aussi je souffre d’hypercarnetisme.
Depuis plusieurs années je porte, en permanence, excepté sous la douche ou lorsque ma partenaire l’exige, une ceinture élastique munie de deux sacoches pour téléphone portable : l’une pour le téléphone, l’autre pour le carnet de notes.
Tel un cow-boy je peux dégainer en une fraction de seconde pour saisir au vol une idée qui passe. Ca ne me donne pas une anatomie spécialement esthétique…
Je pense que Simone de Beauvoir s’est trompée en parlant du troisième sexe : le 3ème sexe ce sont les créateurs.
2 novembre 2011 à 16 h 02 min
Trop cool la métaphore scénariste/cowboy, j’adore! Grace à toi, Souris, je peux enfin mettre un nom sur cette « maladie du carnet ». Je me savais déjà souffrir de « sauvegardite aiguë », me voici vraiment mal barrée…
2 novembre 2011 à 20 h 44 min
@Commentaire 1 : Dire à haute voix ses textes n’est pas une mauvaise habitude bien au contraire ça permet de s’assurer qu’ils sont un minimum prononçable sans nécessiter 50 prises xD
moi c’est plutôt les feuilles volantes, bien pratique pour les poser côte à côte, je suis du genre à tout étaler par terre pour trouver une ligne unificatrice à mes délires (en prenant soin de me ridiculiser en montant sur la table du salon pour ‘prendre de la hauteur’) ^^ par contre dans les tiroirs ça fini souvent en accordéon. J’ai pleins de carnets mais j’ai du mal à travailler avec.
2 novembre 2011 à 22 h 14 min
@Emmanuel: ça me rappelle ce fameux épisode de la 1ère saison d’X Files où un gamin noircit des dizaines de pages en langage binaire jusqu’à ce que Scully réalise que vues depuis la mezzanine, ces pages constituent le portrait de la grande soeur enlevée par des aliens
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