La Guilde n’a pas signé la Charte France Télévisions, voici pourquoi



Le 4 juillet, Rémy Pflimlin, PDG de France Télévisions, a convié diverses organisations professionnelles afin de signer une charte pour le développement de la fiction des chaines du groupe. Alors que la SACD, le Groupe 25 images, l’USPA et le SPI ont ratifié ce texte, préconisé par le rapport Chevalier, la Guilde Française des Scénaristes a refusé de le valider et explique pourquoi dans un communiqué de presse…

Supervisé par Pierre Chevalier, directeur des projets d’ARTE, à la demande de Frédéric Mitterand et dévoilé lors du 48ème MIP TV de Cannes, le rapport Chevalier avait pour mission de dresser un état des lieux de la fiction française, engluée dans une crise sans précédent, tout en proposant des axes pour redresser la barre.

Et nos politiques de faire semblant de découvrir le sous-financement abyssal du développement, notamment de l’écriture de scénario qui ne représente que 3 à 4% des budgets, ce que les auteurs dénoncent depuis une bonne dizaine d’années mais bon…

Parmi les recommandations du rapport, la signature d’une charte entre France Télévisions et les différents intervenants de la création audiovisuelle: scénaristes, réalisateurs et producteurs, afin de réglementer dans « la transparence » une nouvelle politique de développement des fictions du groupe, des oeuvres voulues innovantes et capables de concurrencer les fictions étrangères.

C’est ainsi que la SACD, Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques, le SPI, Syndicat des Producteurs Indépendants, l’USPA, Union Syndicale de la Production Audiovisuelle, le Groupe 25 Images, collectif de réalisateurs et la Guilde Française des Scénaristes ont participé pendant des mois aux négociations autour de la rédaction de cette charte qui avait fait naître de timides mais raisonnables espoirs.

Tout ça pour qu’au final, les diverses organisations soient convoquées dans l’urgence pour signer une version du texte qui n’est absolument pas aboutie et truffée de lacunes que les membres de la Guilde n’ont pu se résoudre à ratifier en l’état, je cite:

« Ses lacunes sont nombreuses: absence de chiffres (volume de fiction, budget dévolu à l’écriture), calendrier imprécis, définition du travail de scénariste sans rapport avec la réalité du métier, maigres mesures sans garanties d’application, flou artistique en matière d’innovation et de diversité des genres et des formats… Elle n’ouvre pas la voie à une dynamisation de la recherche et du développement. Elle ne crée pas les conditions nécessaires à l’affirmation des points de vue dans les œuvres. Elle ne permet pas la mise en place de processus d’écriture permettant la production de séries modernes et réactives. »

Vous pourrez lire l’intégralité du communiqué  sur la page Facebook de la Guilde. Signe de l’évolution des mentalités, cette décision a été relayée par la presse. Interrogé à ce sujet, Rémy Pflimlin se serait dit prêt à revoir sa copie, affaire à suivre…

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