Si en France le scénariste a plutôt vocation à rester dans l’ombre, ses confrères hollywoodiens sont nettement plus impliqués dans le destin des oeuvres qu’ils ont signées, notamment lorsqu’elles sont destinées au petit écran. Les séries télévisées américaines les plus célèbres sont ainsi devenues indissociables de leurs showrunners.
Je vous propose d’écouter l’un des plus brillants d’entre eux, Alan Ball, nous expliquer comment il sélectionne les auteurs qui travaillent sous sa direction dans la fameuse writers room…
Petit rappel pour la profane. Un showrunner est le scénariste/producteur exécutif qui est chargé d’encadrer le pool d’auteurs officiant sur une série télévisée. Il est très souvent le créateur du show mais ce n’est pas une condition sine qua non. A noter qu’il est difficile de comparer ses fonctions à celles de son homologue français, le directeur d’écriture, tant les façons de créer des séries diffèrent entre les deux pays.
Si les showrunners ont toujours été puissants en terres d’Hollywood, ils ont désormais toute l’attention de la presse professionnelle et l’affection des sériephiles mais aussi du grand public! Pour preuve de cette cote de popularité, on leur consacre désormais des documentaires.
Ceci expliquant cela, vous entendez souvent parler de ces über scénaristes dans ces colonnes, mais je dois avouer qu’aujourd’hui le plaisir est double puisqu’il est question de l’une de mes idoles.
Dramaturge devenu un scénariste très en vue en signant, on spec, en 1999, le formidable script d’American Beauty, Alan Ball a créé pour HBO deux séries télévisées génialissimes, Six Feet Under et True Blood.
Dans l’interview qui suit, accordée dans le cadre du WGAW Showrunner Training Program, partenariat entre la Writers Guild of America et de grands networks afin de former les showrunners de demain, Alan Ball explique comment il a recruté les auteurs des writers rooms de Six Feet Under et True Blood.
Pour ceux qui l’ignorent, pour intégrer l’équipe d’écriture d’un show télévisé américain, les postulants doivent écrire des épisodes à blanc de séries déjà existantes afin de prouver leur capacité à s’adapter à un style de fiction défini. C’est la méthode employée par Alan Ball sur Six Feet Under mais il l’a abandonnée pour True Blood, cherchant avant tout des scénaristes qui aient leur propre identité narrative. Dans cette interview, on apprend également qu’il n’impose pas de cadences infernales à ses auteurs, c’est assez rare pour être souligné!
A noter qu’il vous est possible de commander le DVD de cette interview dans son intégralité sur le site de la Writers Guild Foundation.
Copyright©Nathalie Lenoir 2011


24 mai 2011 à 15 h 42 min
M…. la vidéo ne marche pas ici en Argentine!
Un grand merci pour ce blog passionant qui semble toujours étonnamment connecté à mes goûts et à ce que j’ai envie de lire.
Tout y est: les dangers de la procrastination, la question de la légitimité et de l’exigence, les petits secrets de fabrique des oeuvres que j’admire…
Dernière excellente surprise: le scénario de ce petit bijou d’Adventureland, que j’avais commandé sur Amazon pour l’avoir avant tout le monde et que je revois régulièrement depuis!
24 mai 2011 à 15 h 56 min
Merci pour cet adorable message Charlotte! Je suis touchée de constater que ce blog est lu depuis de si lointaines contrées!
25 mai 2011 à 15 h 11 min
Bonjour,
Je ne sais pas si vous l’avez déja évoqué sur votre blog (il ne me semble pas) mais voici un article très intéressant sur la place des scénaristes dans les séries françaises : http://www.slate.fr/story/38579/series-television-place-realisateurs-scenaristes
25 mai 2011 à 16 h 56 min
Merci JT, j’ai effectivement linké cet excellent article ce matin sur la page Facebook de Scénario-Buzz et sur mon compte Twitter.
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23 août 2011 à 19 h 09 min
Greatissime Alan Ball. Revu récemment « American Beauty »: ça n’a pas pris une ride.
23 août 2011 à 19 h 11 min
Oui c’est un de mes films préférés, au point de lui avoir consacré une série d’articles pour lesquels j’avais bien du le revoir trente fois en boucle…
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