Ça n’aura sans doute pas échappé aux fidèles lecteurs de ce blog, je voue une grande admiration à Catherine Hardwicke. Si elle a certes su dépouiller l’adaptation du premier volet de la saga Twilight d’une bonne partie de sa guimauve, ce sont ses deux premiers longs-métrages, Thirteen et Lords of Dogtown qui m’ont vraiment accrochée.
Autant vous dire que, malgré un très mauvais buzz outre-Atlantique, j’étais plus qu’impatiente de découvrir sa réinterprétation du conte de Perrault, Le Petit Chaperon Rouge!
Plus violente en a été ma déception…
En l’espace de deux films à peine, Catherine Hardwicke est devenue une référence dans la façon de filmer l’adolescence. En 2003, elle signe le très remarqué Thirteen (2003, scénario: Nikki Reed & Catherine Hardwicke), portait sensible et largement autobiographique de la jeune comédienne Nikki Reed, un film très esthétique mais émotionnellement violent, frontal, qui n’est pas sans évoquer le travail de Gus Van Sant ou Larry Clark.
Deux ans plus tard, la cinéaste réalise le magnifique Lords of Dogtown, fiction solaire inspirée des mythiques Z-Boys et écrite par Stacy Peralta, l’un des skaters en question.
En 2007, Catherine Hardwicke, qui souhaite poursuivre son exploration de l’adolescence, annonce qu’elle va tourner un film intitulé Under the bridge, d’après le récit de Rebecca Godfrey, témoin du meurtre d’une lycéenne américaine, Reena Virken, en 1997. C’est la société Type A films, dirigée par Reese Witherspoon, qui est sensée produire le film. Le projet ne verra finalement pas le jour mais, ceci expliquant peut-être cela, on apprend quelques mois plus tard que la réalisatrice a été engagée par les studios Summit pour porter à l’écran Twilight, premier volume de la saga culte de Stephenie Meyer. Si cet ouvrage est encore peu connu en France, il connait déjà à l’époque, dans une vingtaine de pays, un succès comparable à celui d‘Harry Potter et il a fortement contribué à relancer l’engouement d’Hollywood pour les histoires de vampires.
La nouvelle a de quoi étonner les admirateurs d’Hardwicke et affoler les nombreux fans de Stephenie Meyer, tant il y a un décalage entre l’univers de la cinéaste et celui de la romancière, mormone de son état, mais force est de constater que Catherine Hardwicke, par l’entremise de la scénariste Melissa Rosenberg, parvient à épurer l’histoire de sa niaiserie pour se concentrer sur un récit quasi naturaliste.

La suite est de notoriété publique. Sorti aux USA en novembre 2008, Twilight enregistre aussitôt un succès d’audience historique et s’avère le film le plus rentable de l’année, devant des blockbusters comme Batman, The dark knight. Début 2009, le film sort en Europe et connait un succès tout aussi confortable.
Les studios Summit annoncent dès la fin 2008 qu’ils mettent en chantier l’adaptation des deux volumes suivants de la saga Twilight, New Moon et Eclipse. Si Melissa Rosenberg reste à bord, Catherine Hardwicke annonce aussitôt qu’elle quitte le navire, pour des soi-disant raisons de planning, de fatigue… La réalité, c’est que les enjeux commerciaux de ces suites, et la main mise de la romancière sont tels que la cinéaste a vite compris qu’on ne lui aurait laissé, cette fois-ci, aucune liberté artistique.
Loin de se morfondre, Catherine Hardwicke profite de l’effet Twilight pour multiplier les projets. Parmi les plus alléchants, on évoque une version modernisée d’Hamlet, scénarisée par Ron Nyswaner, avec Emile Hirsch dans le rôle titre, qui a hélas été abandonnée, et l’adaptation cinématographique de If I Stay de Gayle Forman, écrite par Shauna Cross, qui a affolée le buzzomètre outre-Atlantique pour finalement retomber dans l’oubli.

C’est avec Red Riding Hood, adaptation teenage-punk du mythique conte de Charles Perrault scénarisée par David Johnson, que la cinéaste nous revient. Dès les premières images, on comprend que l’aventure Twilight lui a servi de galop d’essai. Triangle amoureux adolescent, romance et loups-garous, cette fois débarrassée de l’emprise de l’auteur d’origine, je m’attendais naïvement à ce que la cinéaste exploite pleinement la très forte connotation sexuelle associée au mythe de la lycanthropie, à ce qu’elle nous livre une réflexion subtile sur l’éveil amoureux, la répression exercée sur les femmes au Moyen-Age, à ce qu’elle nous fasse trembler de peur mais, quoi qu’elle s’en défende, elle a manifestement pris goût à la bluette commerciale.
Si l’esthétique du film est irréprochable, j’ai eu l’impression de somnoler devant un long, très long clip de la grande époque MTV: intrigue insipide, caractérisation mince comme une feuille d’OCB, morale bien pensante, absence de rythme, d’enjeux narratifs, casting falot (mais que diable allait faire l’immense Gary Oldman dans cette galère?), pfff…
Je ne songe pas même deux secondes que mon opinion ait valeur d’évangile mais tout même, j’ai du mal à croire qu’on puisse apprécier un tel manque de scénario quand un film n’offre en contrepartie ni action, ni humour, ni suspense…
Voici quelques images de Red Riding Hood, qui vient de sortir sur nos écrans :
C’est certain, ces bandes-annonces m’avaient fait saliver, plus pénible en a été la chute!
Avez-vous déjà été très déçus par l’un de vos cinéastes favoris chers lecteurs? Si c’est le cas, n’hésitez pas à partager cette expérience dans les commentaires.
Copyright©Nathalie Lenoir 2011


28 avril 2011 à 23 h 08 min
Je suis allée au cinoche pour voir ce… cette chose. Je suis restée bloquée une bonne partie de la séance à me demander qui avait bien pu avoir l’idée de mettre des poules en plein air sous la neige, et de les faire dormir dans des cagettes en bois – sous la neige, toujours.
Ou encore : mais pourquoi le petit copain du Chaperon Rouge ne tournerait pas dans une pub Axe, plutôt ?
… Et je confondais la mère et la grand-mère – parce qu’elles sont teintes en blonde et toutes refaites – ce qui devait courir les rues, à l’époque.
Et Gary Oldman… ça me rappelle Jeremy Irons qui s’était fourvoyé dans Donjons&Dragons.
Donc pour résumer, Le Chaperon Rouge, c’est… c’est… la pire daubasse de l’année !!!!!!!!
Ah, ça fait du bien
29 avril 2011 à 12 h 14 min
Oui, une daubasse version platine!
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13 juin 2011 à 15 h 16 min
J’ai vu ce film en entier, en tant qu’ado c’est le genre d’histoire idéal pour nous attirer au cinéma, sauf que là j’y suis restée juste pour savoir si ça allait être aussi insipide jusqu’à la fin. J’ai trouvé le scénario vraiment nul, et les dialogues trop simples (faute à la traduction? Je ne pense pas). Et comme l’a dit Anaïs, ce film était bourré d’incohérences et moi aussi je confondais sans arrêts la mère et la grand-mère.
bilan: pas assez de sensations, fade, incohérences… Perrault s’est sûrement retourné dans sa tombe du fait qu’on utilise son oeuvre pour en faire un navet pareil.
heureuse de savoir que je ne suis pas la seule à avoir été déçue
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