Les Mêmes Yeux que Lost

Les éditions Léo Scheer viennent de publier un ouvrage dans lequel le critique et vidéaste  Pacôme Thiellement, spécialiste (entre autres disciplines) de séries télévisées, analyse la narration complexe de Lost, une des séries qui a suscité le plus de débats passionnés et a marqué, quoi qu’on en pense, l’écriture télévisuelle.

L’occasion de se replonger dans les mécanismes tentaculaires de cette méta fiction über philosophique.

Créée par J.J. Abrams, Damon Lindelof et Jeffrey Lieber en 2004 pour ABC, puis diffusée en France par TF1, Lost fut en son temps une série révolutionnaire, mêlant tous les ingrédients sensés lui assurer un carton d’audience. Budget conséquent, casting choral hautement charismatique, structure feuilletonnante, intrigue mystérieuse oscillant entre film catastrophe, soap opera et science-fiction.

Crash aérien, tragédies œdipiennes, voyages spatio-temporels, amours triangulaires et trahisons à la chaîne, phénomènes surnaturels, destinées christiques et menace apocalyptique, symbolisme religieux, morts et résurrections, il faut reconnaitre que les ingrédients sont savoureux. Peu de séries TV eurent d’ailleurs les égards d’autant de fan-sites.




Si la première saison  rencontra effectivement un succès colossal, la série connut par la suite un désamour croissant auprès du public. Il faut dire que l’écriture du show, parfois géniale, n’a pas toujours été à la hauteur de l’ambition initiale. A trop vouloir attiser la curiosité des téléspectateurs et les nourrir de rebondissements « abracadabrantesques », le pool de scénaristes, drivés par Carlton Cuse et Damon Lindelof a perdu pas mal d’amateurs en route.

La diffusion de son ultime épisode, en mai 2010, restera un moment fort de l’histoire télévisuelle, même s’il a suscité pas mal de déceptions.

Présentation de l’éditeur:

La fiction sait ce que la réalité ne fait que sentir. L’Occident a répandu ses ténèbres sur le reste de la Terre. Et la série Lost ne se contente pas d’en dresser le portrait le plus complet ; elle met également en scène la quête d’un nouveau pôle d’orientation, qui passe par la compréhension de nos conditionnements et déterminations, l’interprétation symbolique unificatrice et la naissance d’un regard parfait qui intègre et dépasse tous les conflits.
Dans cet essai, l’auteur démontre que Lost, à mi-chemin du projet tout public et de la narration complexe, en dépassant le clivage historiquement connu du grand récit mythique et de la fiction d’avant-garde, ouvre de plain-pied l’art du xxie siècle.
Sont mis à contribution, entre autres, Sohrawardî, René Guénon, Henry James, René Daumal et Twin Peaks pour produire le ta’wîl de Lost : une exégèse qui soit également un exil de notre prison occidentale.

Pacôme Thiellement, né en 1975, a écrit des livres d’inspiration théophanique, herméneutique et burlesque, sur les Beatles, Frank Zappa, la bande dessinée, Gérard de Nerval, Led Zeppelin et Twin Peaks. Il a co-réalisé des films d’orientation et de conditionnement avec Thomas Bertay et a participé aux collectifs SPECTRE, L’Éprouvette et Écrivains en séries.e

Vous pourrez vous procurer cet ouvrage en librairie ou directement sur le site des éditions Léo Scheer.

Copyright©Nathalie Lenoir 2011


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