Alexandre Astier évoque l’écriture de fiction TV en France

Le moins que l’on puisse dire au sujet d’Alexandre Astier, c’est qu’il a un parcours très atypique dans notre paysage audiovisuel hexagonal. Très peu connu dans « le milieu », il parvient à vendre en 2005 une série follement innovante dont il est à la fois scénariste, réalisateur, compositeur et interprète principal! Kaamelott fera un véritable carton sur M6, et ce pendant six saisons.

Je vous propose d’écouter ce brillant créateur livrer son ressenti au sujet de l’écriture télévisuelle à la française…

Autant vous le dire, Alexandre Astier est l’un de mes héros personnels, parce qu’il est talentueux, cela va sans dire, mais aussi parce qu’il a réussi en véritable tour de force: vendre, alors qu’il était un tout jeune auteur issu du théâtre, un projet de série décliné de son court-métrage Dies iræ, convaincre un diffuseur, prendre les rênes du projet, et les a garder, contre vents et marées, jusqu’à la fin du processus.

Lorsqu’il s’agit de Kaamelott (CALT production; 459 x 7′), Alexandre Astier est le seul maître à bord. Il écrit, réalise, interprète le rôle phare, compose la bande-son, impose son casting de A à Z. Chapeau bas!

Lancée en janvier 2005 sur M6, Kaamelott, mini sitcom historico-burlesque, revisite de façon décalée la légende du roi Arthur et de ses Chevaliers de la Table Ronde, et leur mythique quête du Graal. Si costumes et décors sont moyenâgeux, les dialogues, résolument contemporains, jouent la carte d’un savoureux anachronisme. A mi-chemin entre Monty Python et Pieds Nickelés, la série offre une galerie de personnages hilarants de bêtise et de mauvaise foi qui se démènent pour rendre intenable l’existence d’Arthur, devenu par la plume de son auteur l’anti-héros par excellence.

Le succès est tel que la série sera renouvelée pour six saisons, connaitra les honneurs du prime lors d’épisodes spéciaux de cinquante-deux minutes, et en 2007, elle donnera naissance à une bande-dessinée éponyme. Une liste incroyable de comédiens se sont bousculés au portillon pour jouer les guest stars trois étoiles. Il est question que l’aventure se poursuive sur grand écran le temps d’une trilogie…

Grâce à l’un de mes chers confrères qui se reconnaitra et que je remercie un bon million de fois, j’ai découvert des extraits d’une master-class à laquelle Alexandre Astier avait participé en 2007, lors du Festival Scénaristes en Série. Je vous propose d’écouter l’auteur nous livrer son analyse sans concession, et plus que pertinente, sur les incohérences du système audiovisuel hexagonal.

Il y reconnait bénéficier lui-même d’une grande liberté d’écriture parce qu’il est entré à la télévision « par la petite porte » mais déplore, d’une manière générale, la lourdeur du système, le trop grand nombre d’interlocuteurs au niveau de la chaine qui font passer les scripts à la moulinette un si grand nombre de fois que les dialogues  en deviennent « imprononçables ». Il n’est pas tendre non plus avec la vision « fermée » de certains diffuseurs qui imposent lieux communs et stéréotypes et ont « une fausse notion de ce qu’on appelle le protagoniste ».

Bref, il y a matière à méditer et à débattre…

A noter que dans la suite de ce passionnant entretien, que je vous invite à visionner sur YouTube, Alexandre Astier évoque l’évolution de l’écriture de Kaamelott. Je vous recommande également de lire l’interview qu’il a accordée lors de la dernière édition du festival Scénaristes en Séries au webzine Séries Live.

Copyright©Nathalie Lenoir 2011


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