2010, l’année zombie

Depuis les débuts du cinéma, le zombie constitue avec vampire et loup-garou la sainte trinité du film d’horreur.

Après le retour en force des charismatiques buveurs de sang et des hommes-loups, il était légitime que le mort-vivant fasse, lui aussi, son grand come-back sur nos écrans. Qu’on se le dise, 2010 sera placée sous son signe !

2008 a vu le retour en grâce du vampire au cinéma, et 2009, celui du loup-garou. Si ces deux créatures sont encore loin de tomber en désuétude, les prochains mois seront marqués par une déferlante de zombies dans les salles obscures.

Issus de la culture vaudou, les zombies sont, à la base, des cadavres réanimés par un sorcier. Ces créatures n’ont, par tradition, plus aucune trace d’humanité, aucun souvenir de leur existence humaine, et sont entièrement mues par leur désir de chair humaine. Contrairement aux vampires, ou aux loups-garous, les zombies ne présentent donc, au premier abord, aucun intérêt dramaturgique. Ne pouvant les caractériser, ils ne sont pas des personnages à part entière. Pourquoi la cinéma leur voue t-il alors un tel engouement? Parce que, comme le rappelle très pertinemment John August, les zombies ont valeur de symbole. Ils représentent le fléau ultime, un avant-goût de fin du monde. S’ils ne sont pas des personnages, ils constituent un formidable décor pour révéler la personnalité des vrais protagonistes. Ces derniers sont soudainement projetés au cœur d’une guerre impitoyable et sans fin, d’un combat qu’ils savent perdu d’avance mais qui va leur donner la dimension de héros.

Si la rencontre entre zombies et cinéma date des années trente et quarante, avec des films comme White Zombie (1932) d’Edward Halperin et Victor Halperin, Revolt of the Zombies (1936) de Victor Halperin , I Walked with a Zombie (1943) de Jacques Tourneur, ou Voodoo Man (1944) de William Beaudine, c’est dans les décennies soixante et soixante-dix que la cote d’amour des morts-vivants va réellement exploser.

En pleine Guerre Froide, le zombie illustre à merveille la paranoïa ambiante, il devient la métaphore des menaces, réelles ou fictives, qui planent sur la société occidentale: communisme et guerre nucléaire. C’est alors qu’un jeune cinéaste, George Romero change la donne, il détourne le mythe du zombie pour en faire un outil politique. En 1968, il signe Night of the Living Dead, dont il co-écrit le scénario avec John A. Russo, un film très réussi mais encore relativement consensuel, et, dix ans plus tard, son grand chef d’œuvre, Dawn of the Dead, véritable brulot dans lequel il fustige la société américaine et lui prédit un sombre avenir.

Dawn of the dead

Le zombie fait par la suite les belles heures des pop-corn movies, se mêlant avec plus ou moins de bonheur à divers sous-genres (films d’extra-terrestres, de momies…). La créature accède aux sommets de la pop culture en tenant la vedette du mythique clip Thriller de Michael Jackson.

George Romero poursuit sa saga des zombies, avec Day of the Dead (1985), Land of the Dead (2005), et Diary of the Dead (2008). Il nous proposera cette année son Survival of the Dead. S’il reste le maître incontesté du genre, quelques cinéastes se sont eux aussi brillamment illustrés dans cet exercice de style, on pense notamment à Peter Jackson, qui se fait remarquer avec Bad taste (1987) et Brain dead (1992), Wes Craven qui signe The Serpent and the Rainbow (L’emprise des ténèbres), Sam Raimi qui se fait un nom avec sa trilogie Evil Dead, Paul W.S. Anderson qui a porté à l’écran la franchise Resident Evil, ou encore Danny Boyle qui a réalisé en 2002 le très sous-estimé 28 Days Later (scénario: Alex Garland).

28 days later

Mention spéciale à deux formidables comédies qui mêlent zombies et satire sociale, le cultissime Shaun of the dead (2004) d’Edgar Wright (scénario: Simon Pegg & Edgar Wright) et Zombieland de Ruben Fleischer, l’un de mes coups de cœur de l’année 2009.

Shaun of the dead

Voyons à présent ce que nous réservent les prochains mois en matière de morts-vivants. Outre le dernier opus de George Romero, cité précédemment, on nous annonce la suite de 28 days after, intitulée 28 months later (sortie 2011). Sortiront également sur les écrans Zombie massacre de Uwe Boll, The Crazies de Breck Eisner, Zombies Unleashed de Richard Givens et Army of the Dead de Matthijs van Heijningen Jr..

L’un des projets les plus attendus est l’adaptation par Geoff LaTulippe du best-seller de S.G. Browne, Breathers: A Zombie Lament, pour une jeune productrice nommée… Diablo Cody!

Enfin last but not least, les studios Dark Hero viennent d’annoncer leur intention de porter à l’écran la BD Deadworld. David Hayter écrira le scénario et Gary Reed, co-créateur du comic-book, interviendra en tant que producteur exécutif.
La saga Deadworld met en scène une terre post-apocalyptique où les zombies règnent sur les derniers humains. Il n’est pas seulement question d’un film mais bel et bien de lancer une franchise. Miam miam!

Bref, vous l’aurez compris, en 2010, soyez sur vos gardes, les zombies seront incontournables!

Copyright©Nathalie Lenoir 2010