Dollhouse, la nouvelle série de Joss Whedon, diffusée en France

Lancée en début d’année outre-Atlantique, Dollhouse a fait d’emblée mauvaise figure, et ce malgré la cote d’amour de Joss Whedon. Bien qu’ayant acquit les droits de diffusion depuis des mois, le groupe M6, sans doute refroidi par cette mauvaise publicité, a décidé de jouer la carte de la sécurité en diffusant d’abord le show sur Téva. Malgré ses faiblesses scénaristiques, force est de constater que l’enfant malade du génial créateur du Buffyverse mérite tout de même un coup d’œil. Premières images…

Dans la famille Whedon, on est scénariste de père en fils. Dans les années cinquante, John Whedon, le grand-père, a officié sur des sitcoms à succès. Tom Whedon, le père, s’est illustré à ce jour sur une douzaine de séries, il est toujours en activité.
Joss Whedon, le petit-fils, a fait ses début à la télévision comme il se doit (notamment sur la série Roseanne), mais rêvait surtout de cinéma. En 1992, il écrit une comédie-horrifico-adolescente intitulée Buffy, the Vampire Slayer, elle met en scène une frêle et blonde lycéenne de quinze ans qui porte la lourde tâche de devoir éliminer les vampires et autres créatures démoniaques. Le film, passé à la moulinette des studios et réalisé par Fran Rubel Kuzui, fait un flop. Joss Whedon se sent trahi dans son écriture, il demeure persuadé du potentiel de son concept.

Loin de se laisser abattre, il enchaîne avec les scripts: Toy Story (1995), Alien: Resurrection (1997), Titan A.E. (2000)… Désormais « bankable », il propose à la chaîne WB une série intitulée… Buffy, the Vampire Slayer qui fera les beaux jours de la chaîne de 1997 à 2003. Ce véritable bijou qui mêle horreur, humour et émotion, remporte un succès phénoménal dans divers pays (notamment sur notre sol). Moult fois rediffusé, le show devient une véritable référence et donne naissance, en 1999, à un spin-off destiné à un public plus âgé, Angel (1999-2004).


Buffy the vampire slayer

L’infatigable Joss Whedon rêve toujours de grand écran, il écrit et réalise en 2005 le très oubliable Serenity. Le film fait un flop, ce qui pousse le cinéaste à se replonger dans le Buffyverse. A la grande joie de leurs nombreux fans, il décide de ressusciter Buffy et Angel sous forme de comics books (éditions Dark Horse Comics), conçus comme de nouvelles saisons à part entière des séries télévisées éponymes.

Créant un énorme buzz sur le Net dès l’annonce de sa mise en production, générant un véritable culte chez les fans de Joss Whedon avant même la publication des premiers extraits, Dollhouse devait faire la grosse actualité de la rentrée 2008, mais c’était sans compter de nombreuses péripéties qui ont bien failli coûter la vie au show en question. Production interrompue le temps de réécrire tous les épisodes, pilote monté-remonté-démonté à l’envi, gros doutes sur le casting, frictions entre le créateur et la chaîne, les contretemps se sont multipliés au point de faire louper la rentrée des classes à Dollhouse et de susciter de grosses questions chez les dirigeants de la FOX.

Devant la mobilisation des fans de Whedon, qui ont lancé une multitude de pétitions pour sauver la série, la chaîne a finalement capitulé, enfin, en apparence. En lançant Dollhouse début 2009, en seconde partie de programme, un créneau au cours duquel il est de notoriété publique que les audiences chutent de moitié, la FOX a volontairement donné à cette fiction le baiser de la mort. Comme il fallait s’y attendre, le résultat s’est avéré désastreux, le pilote ne rassemblant que 4,7 millions de téléspectateurs, ce qui représentait le second plus mauvais démarrage de l’année.


Dollhouse

Relations tendues entre Joss Whedon et la FOX, critiques assassines, audience en berne, la série a pourtant tenue vaille que vaille une saison complète, avant d’être renouvelée, toujours sous la pression des Whedon-addicts (les fan-sites fleurissent sur la toile).

Pitch de Dollhouse: Au sein d’un programme top secret, des hommes et des femmes sont programmés pour remplir des missions spécifiques. Ces dernières peuvent être d’ordre romantique ou physique mais aussi les faire entrer dans l’illégalité. Pour qu’ils remplissent à bien leurs différents contrats, on leur programme à chaque fois une nouvelle personnalité, des capacités et des mémoires différentes. Après chaque mission, leurs souvenirs sont effacés et ils retournent au laboratoire secret nommé Dollhouse. Dans cet étrange univers, Echo, une jeune doll, voit ses souvenirs refaire peu à peu surface… Source: Allociné

Malgré le talent indéniable de son créateur, il faut bien reconnaître que Dollhouse est une série bancale. Le concept de base est séduisant mais le pilote est extrêmement maladroit, l’action peine à se mettre en place, sans parler de la caractérisation approximative. L’écriture s’améliore cependant au fil des épisodes (et certainement, des critiques) au point de donner envie au spectateur de découvrir la suite.

Joss Whedon poursuit, imperturbable, la promotion de sa nouvelle création et mise sur l’avenir. Laissons-le vous présenter lui-même Dollhouse:

Malgré ces débuts poussifs, la FOX semble enfin fonder quelques espoirs sur la série, se décidant à miser sur une promotion digne de ce nom pour le lancement de la saison deux. A noter une initiative assez amusante: la création d’un compagne de bureau à l’image d’Echo, l’héroïne du show, que les internautes peuvent télécharger sur le site officiel.

En attendant de découvrir Dollhouse sur Téva, et peut-être un jour sur M6, je vous invite à regarder son trailer:

Copyright©Nathalie Lenoir 2009

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