Coup de coeur: les cahiers du Cinéma célèbrent Gus Van Sant

Gros coup de cœur pour le très bel ouvrage, publié par les éditions Les Cahiers du Cinéma, que Stéphane Bouquet et Jean-Marc Lalanne ont dédié à l’œuvre de Gus Van Sant, l’un de mes cinéastes favoris.

Incontournable!

Biographie de Gus Van Sant:

En 1985, le jeune protégé de Ken Shapiro, produit et réalise son premier long-métrage, Mala noche, adaptation en noir et blanc du journal intime de Walt Curtis, figure mythique de Portland (la ville d’adoption de Van Sant). Le film raconte l’amour contrarié d’un jeune homme pour un adolescent mexicain en situation irrégulière. Ce premier opus pose toutes les bases de la future œuvre de Gus Van Sant : esthétique ultra travaillée, symbolisme, et ses thématiques de prédilection: affres et dérives de l’adolescence, violence, drogue, prostitution, références littéraires, romances homosexuelles. Si elle est primée par l’Association des critiques de Los Angeles, il faudra attendre vingt ans, et une projection lors de la Quinzaine des Réalisateurs, à Cannes, pour que cette première œuvre soit diffusée en France.

Les grands studios, notamment Universal, s’intéressent de très près au jeune prodige mais il décide de retourner à Portland afin de ressourcer son inspiration. Il signe Drugstore Cowboy en 1989, puis le bouleversant My own private Idaho en 1991, lançant de jeunes acteurs comme Matt Dillon, Keanu Reeves ou River Phoenix. Ces deux films propulsent sa carrière mais son psychédélique Even cowgirls get the blues (1993) est un cuisant échec.

Suivront deux films plus “grand public”, To die for (Prête à tout en VF, 1995), qui lance la carrière de Nicole Kidman, et Good Will Hunting (1997), un long-métrage qui permet à ses deux jeunes scénaristes et interprètes, Matt Damon et Ben Affleck, de faire une entrée fracassante à Hollywood. Ils remportent l’Oscar du Meilleur Scénario.

Gus Van Sant est en odeur de sainteté auprès des grands studios, mais une fois encore, il va les prendre à rebrousse-poil, utilisant ses avantages pour se lancer dans une expérience archi expérimentale: réaliser un remake, plan par plan, de Psycho (1998), le chef d’œuvre d’Alfred Hitchcock! Ce sera le second échec de sa carrière.

Sans doute conscient qu’il doit se racheter auprès des grands pontes hollywoodiens, il dirige en 2000 un film plus consensuel, Finding Forrester. Les caisses ayant été renflouées, il peut se tourner à nouveau vers le cinéma expérimental avec Gerry (2002). Le film est salué par la critique tout en restant relativement confidentiel, mais qu’importe au cinéaste, il travaille déjà à l’un de ses projets les plus importants.

Hanté par la tuerie de Columbine (1999), il livre en 2003 son magistral Elephant, qui lui vaudra trois prix lors du Festival de Cannes, dont celui du Meilleur Réalisateur et la Palme d’Or, et qui le ramène vers le cœur de sa création.
Dans la même veine, il signe, deux ans plus tard, une envoutante biographie imaginaire avec Last days (2005), film largement inspiré des derniers jours de Kurt Cobain. Puis il achète, avec le soutien de MK2, les droits de Paranoid Park, un roman de Blake Nelson. L’intrigue met en scène un jeune skateur qui tue accidentellement un vigile. Le film sera tourné à Portland en 2007.

Après avoir exploré la biographie fictive, Gus Van Sant aborde le biopic de façon frontale en consacrant un long-métrage à Harvey Milk, l’un des premiers hommes politiques américains ouvertement gay, qui a consacré son existence à la défense des droits civils des homosexuels. Son meurtre, en 1978, fit de lui un véritable martyr aux yeux de sa communauté, d’autant que son assassin ne fut condamné qu’à sept années d’emprisonnement. C’est Sean Penn, magistral, qui prête ses traits au politicien, prestation couronnée par un Oscar. Sorti aux USA fin 2008, Milk a également remporté l’Oscar du Meilleur Scénario Original.

Le scénario de ce long-métrage a été signé par Dustin Lance Black, un auteur avec lequel Gus Van Sant a également développé l’adaptation du roman The Electric Kool-Aid Acid Test de Tom Wolfe, qui retrace l’aventure psychédélique des Merry Pranksters, précurseurs du mouvement hippie. Le prochain opus de Gus Van Sant? Rien n’est jamais certain avec le brillant cinéaste…

Le livre

Dans ce très bel ouvrage publié par les éditions Cahiers du Cinéma, Stéphane Bouquet, écrivain et scénariste, ancien rédacteur aux Cahiers du Cinéma et Jean-Marc Lalanne, rédacteur en chef des Inrockuptibles, décortiquent l’œuvre de Gus Van Sant, de Mala noche à Milk, afin de mettre en lumière les thématiques abordées par le génial cinéaste, ses sources d’inspiration. Les illustrations, photos et planches de story-boards, sont superbes, les analyses très pertinentes, bref, je vous recommande vivement ce très bel hommage à l’un des mes cinéastes favoris.

Gus Van Sant

Relié: 203 pages
Auteurs: S. Bouquet & JM. Lalanne
Editeur : Cahiers du cinéma (26 février 2009)
Collection : BEAUX LIVRES
Langue : Français
ISBN-10: 2866425383
ISBN-13: 978-2866425388

Copyright©Nathalie Lenoir 2009

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